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L’abattage dans les Hautes-Alpes menacé

Dans le Sud Est, les fermetures ou les mises en liquidation d’abattoirs inquiètent les opérateurs de la filière. « Après Remuzat, Nîmes, Provisud, la situation délicate de l’abattoir de Valence, l’étau se resserre autour des abattoirs existants », déplore Bruno André, président de la Sicaba, l’abattoir multi-espèces de Gap. La situation est particulièrement préoccupante pour l’abattage des porcs. « Si nous ne parvenons pas à conserver un site comme Gap, je crains que rapidement, il n’y ait plus d’éleveurs de porcs dans le département, vu les difficultés à transporter ces animaux, assure Bruno André. Et s’il n’y a plus d’élevage, il n’y aura plus de transformation, donc une perte économique supplémentaire pour notre secteur. »

Les abattoirs « viables » du département pointent du doigt l’augmentation des coûts de production, les « politiques à deux vitesses » et le personnel politique. « J’ai souvent soulevé la fragilité des abattoirs auprès des élus de notre région et dénoncé l’incohérence de leur politique, poursuit le président de la Sicaba. Un saupoudrage financier qui consiste à créer des outils dont on sait qu’il ne seront pas rentables. »

Concurrence faussée

Un abattoir de 300 tonnes n’a aucune chance d’être concurrentiel et fragilise les pôles existants, poursuit Bruno André. « Or ce sont ceux-là qu’il faudrait soutenir. Sans production de masse et sans abattoirs, ce serait une erreur de penser que l’on pourra faire de la vente directe. Elle disparaîtra elle aussi. »

Production de masse n’est pas antinomique de production de qualité. Un travail a été accompli au sein de la Sica d’abattage et de transformation porcines «le Montagnard des Alpes». Elle maîtrise la filière de la production à la transformation, travaille la CCP Porc de montagne, et développe sa marque commerciale. C’est une micro filière de 8 à 12 000 porcs mais elle fait vivre son monde, producteurs et salariés. « C’est avec des signes de qualité très forts comme celui-ci que l’on parviendra à préserver les outils existants, conclut Bruno André . Je ne suis pas vraiment inquiet. Mais je pense qu’il faut arrêter de prétendre que tout va bien. »

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