La volaille au bord du « seuil critique »
Les flux commerciaux de volaille présentés en assemblée générale de la FIA (fédération des industries de la volaille) la semaine passée, montrent une production française en perte d'équilibre. Alors que la production mondiale a grossi en dix ans de 45 millions de tonnes à 80 Mt, la production française est passée de 2,2 millions de tonnes en 1996 à 1,9 Mt en 2005, année d'avant la crise aviaire, soit de 5 % à 2,4 % de la production mondiale. Par rapport à la production européenne, sa part a régressé de 27 % à 17 % dans l'union élargie. Alain Melot, président de la FIA, a mis en garde contre un passage sous un « seuil critique » qu'il situe à 1,7 Mt, déjà franchi l'an dernier.
C'est pour lui le seuil où « vous commencez à manquer de moyens, financiers, de recherche, d'investissements en général et vous perdez votre attractivité. » La perte d'attractivité est déjà engagée pour l'industrie de la volaille qui peine à trouver des éleveurs. « Avec 500 000 t de moins, on ne sera plus représentatif sur la scène internationale », poursuit le responsable.
Entre des importations croissantes et des exportations déclinantes, la production française va devoir surnager pour ne pas être engloutie. Les importations ont quadruplé depuis le début des années 90, atteignant 270 000 t en 2005. Les exportations sont descendues à 671 000 t en 2005 après avoir frôlé le million de tonnes en 1998. La balance commerciale reste donc positive mais pour combien de temps encore ? Les échanges continuent de se dégrader après l'effondrement de l'an dernier. Les 620 000 tonnes de contingents négociées avec les pays tiers pourraient se réaliser à leur détriment, sans compter le démantèlement envisagé à l'OMC.