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La PAC mobilise les acteurs du lait

Mardi après midi, la crème du secteur laitier français était de passage à Bruxelles. Au cours d’une table ronde sur l’avenir du secteur laitier organisée par le Cniel au Parlement Européen, les professionnels du secteur ont pu exposer leurs inquiétudes ainsi que leurs attentes, deux semaines après les propositions de la Commission Européenne sur le bilan de santé de la PAC. « La filière n’a pas spécialement peur de l’ouverture du marché laitier, mais c’est un secteur particulier qui ne doit pas être traité comme les autres » a estimé Henri Brichart. Le président du Cniel a salué l’évolution des propositions de la Commission en matière de quotas, avec une hausse de 1 % par an jusqu’en 2013/2014, un chiffre qui « semble plus réaliste que les premières suggestions » selon le Cniel. Sur d’autres points, le combat risque d’être plus engagé, notamment sur les zones de montagne. Compte tenu des coûts de collecte plus élevés et des difficultés de valorisation, la filière française estime qu’une aide annuelle de 40 euros par 1 000 litres est nécessaire dans ces zones pour assurer le rééquilibrage avec la plaine.

Bouger un article 68 « sous-dimensionné »

Ce montant pourrait être financé grâce à l’article 68 (ex-article 69) qui permet de réaffecter 10 % des aides directes à certains domaines (dont _ à des aides recouplées). Cette configuration reste insuffisante pour financer à la fois le lait en zone de montagne et l’élevage ovin, deux secteurs particulièrement demandeurs. Pour cette raison, le Cniel réclame de bouger le curseur de cet article « sous dimensionné ». Il demande également des aides au stockage privé du beurre et des fromages jusqu’en 2015. « C’est un outil efficace, et qui n’est pas cher » a défendu Henri Brichart, rejoint dans ce sens par Jehan Moreau, directeur délégué de l’Atla. Le maintien des outils d’aide à l’écoulement du beurre figure dans les revendications françaises, alors que l’introduction « d’un système d’adjudication pour les achats de beurre et de poudre à l’intervention » est jugée non pertinente. Juan Luis Fernandez, représentant de la DG Agri de la Commission Européenne, ne s’est pas prononcé sur l’ensemble des dossiers.

Celui-ci a tout au plus annoncé la nécessité d’effectuer des analyses sur la possibilité de modifier l’article 68. Sur les quotas, il a donné rendez-vous en 2011, « pour que la visibilité soit complète ».

Pour le député européen Luis Manuel Capoulos Santos, ancien ministre de l’agriculture portugais et rapporteur sur le bilan de santé de la PAC, les propositions de la Commission se caractérisent « par un excès de libéralisme ». « Il faut une solution bien plus équilibrée sur les instruments de gestion de marché » a- t-il poursuivi, une position également défendue par la représentante du ministère français de l’agriculture. Avec la prochaine présidence tricolore de l’UE et son engagement de trouver un compromis sur le texte avant la fin de l’année, la France va devoir travailler d’arrache pied. Mais quel que soit l’avancement des travaux, le bilan de santé de la PAC va marquer l’entrée dans une nouvelle ère pour le monde laitier. « Aujourd’hui il faut préparer les nouvelles échéances. Nous allons devoir nous substituer à l’organisation des marchés et instaurer de nouvelles relations avec les producteurs » a estimé pour sa part Jehan Moreau, une évocation à mots couverts de la contractualisation. L’enjeu devient capital alors que l’amplitude des mouvements n’a jamais été aussi forte dans le secteur du lait comme en témoignent les manifestations et grèves de livraison en Allemagne. « Moins nous aurons de marchés agricoles, plus nous aurons d’instabilité » a prévenu Henri Brichart, en signe d’avertissement.

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