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La France connaît sa plus faible collecte de lait depuis 20 ans

La sécheresse et les mesures de contrôle ont fortement impacté la production, qui a atteint un niveau historiquement bas sur l’exercice 2003-2004.

Depuis 1984, date d’instauration des quotas, jamais la France n’avait connu une collecte de lait aussi faible. C’est l’enseignement principal du bilan de la campagne 2003-2004, présenté le 17 juin par l’Onilait lors de son conseil de direction. D’avril 2003 à mars 2004, elle a représenté

23,54 Mt, soit 374 000 tonnes de moins que l’exercice précédent, qui avait atteint 23,92 Mt. Bien que l’Onilait souligne que « ces éléments chiffrés sont susceptibles d’être modifiés en fonction des déclarations rectificatives intervenant au début du mois de juin», l’organisme gouvernemental parle de « sous réalisation historique ». Une situation paradoxale un an seulement après la collecte 2002-2003, marquée par une surproduction de 22 000 tonnes, et le paiement par la France d’une amende de 8 millions d’euros. Aujourd’hui, le lait recueilli n’atteint même pas la quantité de référence totale utilisable par la « Laiterie France » (fixée par Bruxelles) qui a légèrement augmenté cette année à 23,899 Mt. Si la sécheresse a sa part de responsabilité dans cette diminution, les mesures de maîtrise de la production n’y sont pas étrangères non plus.

53 % des producteurs en sous-réalisation

L’Onilait parle d’ailleurs d’une « production très pilotée » depuis l’instauration des quotas, un pilotage par exemple subi par la Laiterie de Saint-Malo. Spécialisée dans les produits frais (yaourts, petits suisses) et la poudre de lait, l’entreprise collecte 25 % de ses besoins, soit 37 millions de litres, auprès de 160 producteurs. « Étant donné notre structure et le poids de nos achats extérieurs (75 %, ndlr), la diminution de la collecte a été moins perceptible» explique un responsable. « Mais au niveau de la production, nous sommes en baisse. Suite à l’accord de l’Onilait daté de novembre, nous n’avons pas eu le droit d’utiliser du lait en provenance d’autres exploitations, ce qui s’est traduit par une baisse de 2 à 3 %, qui était néanmoins prévue». À l’échelle nationale, la sous-réalisation est majoritaire, puisqu’elle concerne 53 % des producteurs, pour une sous-réalisation moyenne de 11 000 litres. L’équilibre est atteint par 37 % des effectifs, les 10 % restants constituant les exploitations en surproduction (dépassement moyen de 24 000 litres). Compte tenu de la situation actuelle, l’Onilait envisage de rembourser les pénalités subies par l’ensemble des productions en dépassement. Les répercussions de la relative faiblesse de cette collecte ont été plutôt positives pour les produits laitiers industriels, dont les cours connaissent une légère embellie selon l’Onilait. La poudre de lait écrémé destinée à la consommation animale a vu son prix passer de 1900 euros/tonne à 2 030 euros ces dernières semaines, quand dans le même temps le beurre s’apprécie à 2 990 euros/tonne. Une embellie à relativiser face à la volonté de la Commission de remettre sur le marché du beurre et de la poudre de lait issus des stocks publics. Dans le même temps, le démarrage de l’exercice 2004-2005 s’inscrit dans la droite ligne du précédent. Pour la première semaine de juin, la baisse de la collecte est de 3,8 %, après un mois de mai déjà en chute de 4,7 %.

Rédaction Réussir

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