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La filière pêche s'attend à une année délicate


> La récolte 2015 s'annonce prometteuse, à « l'optimum de potentiel ».
Embargo russe oblige, les producteurs de pêches européens s'interrogent sur la campagne qui s'ouvre. Alors que la récolte attendue devrait être bonne.

Comment évoluera le marché de la pêche et de la nectarine cette année ? Une bonne partie de la réponse repose sur la capacité des producteurs espagnols à faire fi du marché russe, fermé depuis le 7 août 2014. Si l'embargo n'a eu, au final, qu'une conséquence limitée sur la campagne 2014, il pourrait en être autrement cette année. « L'embargo est survenu alors qu'une bonne partie des volumes avait déjà été expédiée vers la Russie depuis l'Espagne, qui en exporte une centaine de milliers de tonnes annuellement », précise Éric Hostalnou, de la chambre d'agriculture des Pyrénées-Orientales.

L'an passé, quelque 30 000 t de pêches se sont trouvées sans acquéreur et ont été redirigées sur le marché intracommunautaire. « Ces pêches sont arrivées dans un marché qui était morose de-puis le début de la saison, cela a alourdi encore les conditions de commercialisation de la fin de campagne. » La Russie n'est pas un marché facile à remplacer : il représente une part très importante des exportations extracommunautaires de fruits et de légumes. Pour s'implanter […], les opérateurs européens ont dû fournir des efforts importants. C'est particulièrement le cas pour la filière pêche et nectarine espagnole. « La Russie absorbe 10 % de nos exportations, soit 70000 t. On ne peut donc pas se passer de ce débouché sachant que tout ceci dépend de considérations politiques et que même si ces barrières étaient à nouveau levées, il ne serait pas évident de revenir à la situation antérieure », analyse Javier Basols, responsable du groupe fruits à noyau de Cooperativas agro-alimentarias.

La Russie absorbe 10 % des exportations espagnoles

Hausse attendue de la production de 1 %

« Il y a un nouvel équilibre du marché à trouver, c'est certain », poursuit Éric Hostalnou. Mais ouvrir des marchés d'exportation est long, « il nous a fallu dix ans pour entrer en Russie », rappelle Manel Simon i Barbero, directeur général d'Afrucat en Catalogne. L'enjeu pour les filières et les opérateurs est donc là et la tâche est complexe. Il leur faudra ouvrir de nouveaux marchés vers les pays tiers pour soulager le marché intracommunautaire, notamment en parvenant à lever les barrières non tarifaires qui gèlent les échanges vers certains marchés prometteurs.

D'autant plus que la récolte 2015 s'annonce prometteuse. S'il est trop tôt pour être sûr des chiffres avancés, la grande tendance dévoilée à Perpignan s'appuie sur une récolte à « l'optimum de potentiel » un peu partout en Europe. Les variations à la hausse ou à la baisse étant donc uniquement guidées par l'évolution des surfaces de vergers. Les pêches, pêches plates et nectarines, devraient progresser de 1 % pour avoisiner les 3 millions de tonnes quand les pavies, avec 770 000 t progressent de 2 %.

À noter que cette année en Espagne, les pêches plates, plébiscitées par les consommateurs, feront avec 285 000 tonnes presque jeu égal avec les pêches rondes à 298 000 tonnes. Quand les autres pays européens ne semblent toujours pas avoir pris ce train en marche.

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