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La filière bovine cherche la parade face au Mercosur

Confrontée à un déficit de production et à une pression des viandes d’Amérique du Sud, la filière française se divise sur l’étiquetage. Les industriels réclament une « origine UE».

La filière bovine française est apparue désunie, au Sommet de l’élevage, sur les orientations à prendre face à la menace du Mercosur. Lors d’un colloque le 7 octobre intitulé « la Pac dans un contexte de mondialisation », les industriels et les éleveurs ont croisé le fer au sujet de l’étiquetage de la viande. Laurent Spanghero, président de la FNICGV, a émis l’idée d’une origine « UE », seule solution, d’après lui, permettant de « s’arbitrer entre Etats membres ». « La France connaît une pénurie de veaux de huit jours et doit s’approvisionner en Allemagne et aux Pays-Bas, a-t-il signalé en guise d’illustration. Le veau importé vaut 1 euro de moins par rapport à celui d’origine nationale. C’est un non-sens. Demain, cette viande sera de plus en plus chère et se vendra de moins en moins ». Pierre Chevalier, président de la FNB, a aussitôt réagi. « Un contrat de confiance a été bâti avec le consommateur, grâce à l’étiquetage, à la transparence, a-t-il déclaré. Notre viande doit montrer sa différence par rapport à celle d’importation. On a besoin d’un étiquetage européen fort, déclinant les spécificités propres à chaque pays ».

Sauvegarder les acquis

Luigi Cremonini, le géant italien du steak haché, a préféré calmer le jeu. Il a rappelé le haut niveau de l’UE en matière de normes industrielles, de sécurité sanitaire des produits, de recherche génétique, de bien-être animal. « La filière bovine européenne doit sauvegarder ses acquis, a-t-il lancé. Pour combler ses déficits de production, elle a besoin de se tourner vers la viande étrangère. Mais, un contrôle des flux d’importation est nécessaire. Tout excédent de viande peut entraîner une crise dans l’UE ».

Concernant les perspectives du marché européen de la viande bovine, des différences d’appréciation sont apparues. D’un côté, l’Institut de l’Élevage prévoit d’ici à 2010 une baisse de production (à 7 909 000 t) associée à une baisse de consommation (à 8 170 000 t) et à une diminution des prix. De l’autre, la Commission estime que la rareté de l’offre favorisera une reprise des cours (+6%) et une relance de l’élevage, sans nuire à la demande des consommateurs. L’Espagnol Javier Lopez, de l’association d’engraisseurs Asovac, est encore d’un autre avis. Il penche pour une hausse de la production, sans partager l’optimisme bruxellois sur un raffermissement des prix. « Rester compétitif impose de mieux produire, de façon plus spécialisée, en structurant le marché européen », a-t-il dit. Denis Sibille est d’accord sur la nécessité de mieux s’organiser. « L’aval doit davantage nous guider, a déclaré le président d’Interbev. Il faudrait décaler 10 à 20 % de la production en période pleine vers la période creuse ». L’Italien Paolo Falcieri, de la structure coopérative Conazo, a insisté sur la nécessité de fournir une qualité constante, avec des caractéristiques de poids et d’âge les plus appropriées. « L’approvisionnement français est excellent, mais des points sont à corriger. Il faut éviter les pics et les creux, sinon les distributeurs iront s’approvisionner ailleurs ».

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