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La filière avicole du Sud-Est résiste à la crise

Malgré une forte concurrence à l’export sur le marché de la volaille, le Sud-Est apparaît bien placé. 

« C’est dans le quart Sud-Est que notre activité se développe le plus, avec un taux de croissance entre 5 et 10 % par an. Sur toutes les autres régions, Ile de France comprise, le marché connaît une croissance atone », souligne Jean-Yves Ménard, président de Gastronome.

Situé avec LDC et Doux dans le trio de tête des opérateurs nationaux du secteur de la volaille, cette entreprise a placé 200 000 t de produits sur le marché en 2003 pour un CA de 800 M€. Le Sud-Est (Bourgogne, Auvergne, Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon et PACA) représente 12,37 % du marché français du poulet et 11 % de celui de la dinde, ce qui le classe à la troisième position des zones de production, derrière la Bretagne, 38 % du marché en poulet, et les Pays de la Loire, 27 % de ce même marché.

Mais il tire mieux, aujourd’hui, son épingle du jeu que ces dernières. Sur un marché national où les volumes ont chuté en 2003 de 8,5 % en dinde et de 1 % en poulet, le Sud-Est a perdu seulement 4,75 % en dinde et a gagné 0,5 % en poulet. Les difficultés du secteur étant dues pour une large part à la concurrence du Brésil et de la Thaïlande à l’export, le contexte de repositionnement sur le marché national profite au quart Sud-Est, où les grands groupes se réapprovisionnent depuis les années 2000-2001.

Ainsi Gastronome est devenu majoritaire dans la société drômoise d’abattage et de découpe Bernard Royal Dauphiné (BRD) en 2000 tandis que LDC installait une tête de pont l’année suivante en reprenant l’entreprise Barroux. « La régionalisation permet de réduire les coûts d’approche et de logistique et de proposer de l’ultrafrais en faisant du 1 plus 1. Le quart Sud-Est est un marché très intéressant de 20 millions de consommateurs dotés d’un pouvoir d’achat élevé, qui pèse entre 400 et 500 M€, et sur lequel l’Ouest ne peut pas rivaliser en termes de délais », argumente Jean-Luc Alnet, directeur général de BRD.

Retouver une place de leader

Pour les intervenants de la filière, donner à la région une place de leader national comme c’était le cas dans les années 60 relève d’un travail sur dix ans. « Nous l’avons entamé il y a trois ans, ce qui nous permet d’avoir mené à bien la première étape, celle de la modernisation des sites industriels de la filière en amont et en aval. Chez BRD, nous avons investi près de 3 M€ sur nos trois sites », poursuit Jean-Luc Alnet. La seconde étape consiste à convaincre la clientèle, et en particulier la GMS où l’offre de volaille locale est encore faible, à 13 % seulement en Rhône-Alpes.

Restent à convaincre les producteurs, car les restructurations intenses des dernières années ont entraîné 50 000 m2 de pertes pour l’élevage de volailles de chair, qui atteint aujourd’hui seulement 450 000 m2 dans le Sud-Est et peine à satisfaire la demande des abattoirs, surtout en été lorsque la population et la consommation sont gonflées par le flot des touristes.

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