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La crise vue du Marché d’intérêt national d’Angers

Avec 197,8 M€, le chiffre d’affaires du MIN du Val-de-Loire a progressé de 8 % et de 13 % rien que sur l’alimentaire, avec notamment l’arrivée du spécialiste du surgelé Pomona Passion Froid. Mais la morosité actuelle incite tout de même les opérateurs à la prudence…
La crise ? Le Marché d’intérêt national d’Angers (MIN) n’en a guère subi les conséquences en 2008. Le chiffre d’affaires réalisé par les opérateurs de l’alimentaire du marché a progressé de 13 % l’année dernière, tandis que les services et l’entreposage ont tous deux chuté respectivement de 13 % et 3 %. La forte augmentation de l’activité alimentaire s’explique largement par l’arrivée de Pomona Passion Froid, spécialiste du surgelé. Daniel Decamps, directeur technique de Sominval (Société d’économie mixte pour l’exploitation du Marché d’intérêt national) racontait, lors d’une visite réservée aux professionnels le 18 juin dernier, que cette plateforme adaptée aux livraisons de proximité à Angers permettait d’économiser 240 t de CO2 par an. Et de compléter : « L’arrivée du tramway angevin, dont la mise en service est attendue pour début 2011, incitera de plus en plus les transporteurs à utiliser des véhicules de petite dimension, voire des véhicules électriques. »
Le MIN affiche donc une belle santé à la veille de fêter l’an prochain ses 50 ans d’activité. En 2007, la fréquentation a même progressé. Néanmoins, les opérateurs subissent certains effets de la crise. 41 % des clients qui viennent s’approvisionner au MIN, comme les restaurateurs, les traiteurs ou les gérants de cafés, souffrent d’une baisse de leur activité. Les grossistes s’adaptent et s’activent pour maintenir leur business. Promocash, dont la gérance a été reprise par Delphine Luck depuis deux ans, a conquis de nouveaux clients. Jean-François Darcel, d’Epigram, qui commercialise principalement des produits carnés et possède un atelier de découpe, a remarqué que les produits haut de gamme étaient moins prisés.
Le surgelé, valeur en hausse
Les acheteurs ont de plus en plus tendance à préférer le surgelé, comme c’est le cas notamment avec le foie gras au moment des fêtes de fin d’année. « Au final, le solde a été positif », se réjouit l’opérateur, qui ajoute : « Le surgelé offre la possibilité aux restaurateurs d’avoir des stocks, un atout particulièrement appréciable en période de crise. » Pomona Passion Froid, interrogé par notre confrère du Courrier de l’Ouest, confirme cette tendance, à savoir la cote grandissante auprès des restaurateurs des légumes, poissons et pâtisseries surgelés : « Compte tenu des nouvelles normes européennes, beaucoup de sociétés de restauration achètent les produits déjà épluchés et nettoyés. » Les difficultés économiques obligent les grossistes à travailler de plus en plus en flux tendus. « Selon les matins, nous pouvons aussi bien avoir soixante commandes que dix demandes, regrette Jean-François Darcel. Il nous est difficile désormais de prévoir longtemps à l’avance, particulièrement en ce qui concerne la marée. Les données historiques ne nous sont plus d’un grand secours pour établir nos prévisions. Les fluctuations de prix sont très importantes, comme en ce moment où nous ne recevons plus les saumons en provenance du Chili ou du Pérou, affectés par des maladies. Cette nouvelle donne complique aussi la gestion du personnel. »

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