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La crise au secours de la contractualisation ?


> Les ventes de frites ont reculé de 2,2 % l'an dernier.
La surabondance de productions française et européenne de pommes de terre destinées à l'industrie cette année a fait chuter les cours pour les volumes hors contrat. De quoi encourager les producteurs à contractualiser ? Décryptage.

La production pléthorique de pommes de terre en France et dans l'Union européenne cette année a entraîné l'effondrement des prix. Les pommes de terre destinées à la transformation industrielle (frites, chips et autres flocons) ont été particulièrement affectées par cette baisse, les cours à la production se situant autour de 15 euros la tonne pour les volumes négociés hors contrat, contre 120 euros l'an dernier et 250 euros en 2012 (année de prix exceptionnellement élevé). Sur les 900 000 tonnes (t) de tubercules que les industriels achètent sur le marché national, 70 % font l'objet de contrats avec les planteurs, le reste étant exposé aux fluctuations du marché libre qui peuvent être, d'une campagne à l'autre, favorables à l'exploitant ou au transformateur.

Les énormes écarts de prix enregistrés ces trois dernières campagnes justifient que l'interprofession se soucie de cette inconstance du marché de la pomme de terre industrielle. L'assemblée générale du GIPT (interprofession pomme de terre industrielle) réunie le 17 décembre, sous la présidence de Pascal Foy, y avait consacré une table ronde sur le thème « Le contrat comme base des relations commerciales : mythe ou réalité ? » La part des contrats progresse lentement dans les approvisionnements des usines, +4,5 % en 2013-2014, le haut niveau des cours n'ayant pas incité les producteurs à contractualiser ; les très bas prix actuels seront-ils plus incitatifs ? En ce qui concerne l'activité de la filière, la quantité de pommes de terre transformées en 2013-2014 n'a pratiquement pas changé, avec 1,093 million de tonnes l'an dernier (dont 205 000 t importées) pour des fabrications de 541 000 t, les frites et autres produits surgelés représentant la majorité des tonnages de tubercules utilisés. La consommation des ménages a enregistré un tassement global de 2 %, la progression exponentielle des chips (+7 %) n'équilibrant pas le recul des frites, - 2,2 %.

Féculerie : une embellie, mais un retard de productivité

La section féculerie du GIPT s'inquiétait l'an dernier du fonctionnement de ce secteur confronté pour la première fois à l'absence de l'accompagnement de la politique agricole commune. En définitive, la campagne s'est bien déroulée. Les emblavements en variétés féculières (20 000 hectares cultivés par 1 241 producteurs) restent maîtrisés par la politique contractuelle, et l'offre sur le marché européen de la fécule a été marquée par la faiblesse de la production allemande. L'objectif d'ouverture élargie du marché à des produits à forte valeur ajoutée a favorisé la rentabilité de la fécule. La production française de fécules a atteint 212 000 t, à partir de 1,06 million de tonnes de tubercules transformés.

Malheureusement, si les volumes sont à peu près stables, la production française souffre d'un déficit de productivité par rapport à ses partenaires européens.

En matière de restructuration de la filière, la fin de l'année 2014 aura été marquée par le passage de la coopérative de Vic-sur-Aisne, du groupe Roquette à celui de Tereos. Mais, au niveau européen, les prix élevés des céréales, de 2011 à 2013, ont ralenti les restructurations attendues.

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