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La coopération gagnée par l’écologiquement intensif

Créé il y a trois ans, le concept « produire plus et mieux avec moins » de l’agriculture écologiquement intensive prend racine. Au point que certains groupes comme Terrena en ont fait leur stratégie d’entreprise.
L’agriculture écologiquement intensive (AEI) séduit de plus en plus les opérateurs, principalement dans l’Ouest, si l’on en croit les témoignages recueillis lors des « Entretiens de l’AEI », organisés fin octobre à Angers. La coopérative Terrena s’est lancée la première dans la démarche, suivie de la Cavac puis de Triskalia et Agrial. Le syndicat Coop de France Ouest, qui regroupe 250 coopératives de Bretagne, Pays-de-Loire, Haute et Basse-Normandie, a rejoint le mouvement en 2011. L’AEI touche aujourd’hui 70 000 agriculteurs pour un chiffre d’affaires de près de 25 milliards d’euros.
« Le but de notre adhésion à l’AEI, explique Virgnie Allaire-Arrivé, présidente du syndicat, est de participer à l’animation et faire partager le concept. Mais pas uniquement. Nous travaillons en lien avec les coopératives sur certains projets comme celui d’une meilleure gestion de l’énergie auquel onze d’entre-elles participent. Nous voulions aussi que l’AEI ne se limite pas qu’à un concept végétal, plus facile à mettre en œuvre que pour les filières animales ».

Divulguer des techniques innovantes

Les coopératives ont commencé par créer des groupes d’agriculteurs à l’image du groupe Nouricia, dans l’Aube. L’échange, primordial, entre agriculteurs permet de discuter de techniques innovantes qui peuvent être ensuite divulguées par leur coopérative. Ainsi la Cavac a constitué un groupe de quinze agriculteurs. Triskalia a mobilisé plusieurs groupes Agro Sol et formé six techniciens référents en lien avec ces groupes et les quinze conseillers en agri-environnement. Vingt fermes de référence permettent l’enregistrement des données pour le calcul d’indicateurs. Parmi cent idées lancées par ses adhérents, Terrena en a retenu une dizaine que la coopérative a expérimenté au sein de son équipe AEI composée de six ingénieurs. Mais très vite, les coopératives ont éprouvé le besoin de se rapprocher des instances scientifiques et de la formation. Ainsi, une chaire AEI a-t-elle été créée en 2011, regroupant Agrial, Terrena et Triskalia avec trois écoles (école supérieure d’agriculture d’Angers, Agrocampus Ouest et Oniris, école nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l’alimentation Nantes-Atlantique). Les trois coopératives vont consacrer un million d’euros sur cinq ans au financement de programmes d'enseignement et de recherche liés à l’AEI des trois écoles concernées.

Compétitivité et attentes sociétales

L’implication dans cette démarche est multiple. Elle vise à la fois la compétitivité et la mise en adéquation avec les attentes de la société en termes de qualité de produit et d’environnement. La Cavac, par exemple, est devenue le premier groupe d’éleveurs de lapins à avoir des cages de bien-être ou encore à s’impliquer dans les filières de qualité comme Blue Harmony en céréales (le spot TV de la marque Lu y fait référence). La stratégie d’entreprise de Terrena mise totalement sur l’AEI qui influe sur tous les secteurs du groupe. Les conseillers en relation culture commercialisent désormais des concepts brevetés auprès des agriculteurs, comme le mélange de variétés pour diminuer les produits phytosanitaires.

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