Aller au contenu principal

La consommation de bière sous les 20 millions d’hectos

La bière devient de plus en plus un produit de dégustation, au détriment des volumes dont la chute s'est poursuivie en 2007. Une évolution qui n'est pas sans conséquences sur le plan industriel.

Avec une baisse sensible de la consommation, de -3,3% en 2007, la bière est passée sous les 20 millions d'hectolitres. Il s'agit d'une première, et d'un événement inattendu pour la profession. « Au vu des années 2004, 2005 et 2006, nous pensions avoir atteint la stabilité. Mais ce n'est pas le cas » n'a pu que constater hier Gérard Laloi. Le président délégué général des Brasseurs de France, l'association représentant la profession, estime chiffres à l'appui que les buveurs de bière s'attachent de plus en plus à la qualité des produits plutôt qu'à la quantité. Le coeur de marché représenté par les bières classiques (la moitié des ventes en volume) a dégringolé de 9% en un an, et ce sont surtout les spécialités (21% des volumes) qui en ont profité, avec une progression de 5% bénéfique pour de nombreuses petites brasseries.

En valeur, la vitalité de ce segment est encore plus visible puisqu'il a désormais le même poids que les bières classiques, avec 1/3 des ventes. Pourtant, ce dynamisme n'est pas suffisant pour relancer la consommation, très liée au climat. Les mauvais résultats 2007 s'expliquent notamment par une très forte baisse des températures à partir du mois de juin, qui a totalement effacé la tendance positive rencontrée de janvier à mai. Dans ce contexte, la consommation de bière en tant que rafraîchissement a eu beaucoup de mal à se faire une place.

Heineken réduit la voilure en France

Parmi les évolutions remarquables, le circuit CHR (cafés, hôtels, restaurants) a pour la première fois accusé une baisse inférieure à celle de la grande distribution, qui repose essentiellement sur la fermeture des établissements. D'autres facteurs négatifs fragilisent la filière brassicole, avec la hausse du coût des matières premières et de l'énergie. Selon Brasseurs de France, la hausse du prix du malt, passé de 200 à 520 euros/tonne en un an, a un impact d'environ 112 M Eur, auquel viennent s'ajouter 45 M Eur supplémentaires liés au surcoût du verre. Au total, ces hausses représentent une part sensible du CA du secteur et n'auraient pas été entièrement répercutées au consommateur. Pour les grands groupes, l'avenir du secteur ne se trouve plus en France, une zone qui plus est confrontée à de nombreuses barrières législatives sur la promotion, les animations ou la vente. Heineken vient ainsi d'annoncer une réorganisation de son activité dans l'hexagone, avec un recentrage et la fermeture d'usines. Toutes marques confondues, la production de bière en France a d'ailleurs chuté de 5,8% en 2007, pendant que les importations gagnaient 6,8% pour représenter 30% des volumes. En Europe, l'absorption de Scottish & Newcastle donne lieu à une redistribution des cartes et plus récemment, Inbev a lancé une OPA sur Anheuser Busch. Dans chacun des cas, l'objectif est de mettre la main sur les partenariaux locaux des concurrents, comme BBH en Russie, Tsingtao en Chine ou Modelo au Mexique, des brasseries implantées sur des zones dynamiques.

Les plus lus

Œufs : le bond des importations européennes vient d’Ukraine, mais aussi de Turquie

L’évolution des prix des œufs français, au 19 décembre 2025, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…

María Marta Rebizo
Agriculture : Que pensent les exportateurs du Mercosur du report de l’accord ?

Les Marchés a recueilli les réactions à chaud des porte-voix des agriculteurs du Brésil et de l’Argentine à l’annonce du…

14,7 millions de tonnes de poulet sur le marché mondial en 2026, l'USDA prévoit un nouveau record

Le marché mondial de la volaille devrait poursuivre sa croissance en 2026. La production de poulet atteindrait des niveaux…

Anvol analyse volailles
Poulet : la hausse de 3,7 % de la production française ne suffit pas pour répondre à la demande

La consommation de volailles, et en particulier de poulet, poursuit sa progression amorcée depuis plusieurs années. Les achats…

Dinde en élevage
« La production de dinde est stable en 2025, c’est une bonne nouvelle »

Après plusieurs années de recul, la filière dinde semble retrouver de la stabilité dans les abattages en France. Malgré une…

Les prix des œufs arrêtent leur progression en Europe avant les fêtes

L’évolution des prix des œufs français, au 12 décembre 2025, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio