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La collecte de lait quasiment paralysée dans l'Ouest

« C'est un premier coup de semonce pour que la profession se retrouve et négocie. Si les négociations ne reprenaient pas, les actions pourraient redémarrer fort dès le début de la semaine prochaine », concluait hier un porte-parole de la fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles de l'Ouest (Bretagne et Pays de la Loire), à l'issue de la journée blanche qui a pratiquement paralysé toute la collecte laitière dans le grand Ouest.

Quelque 2 800 à 3 000 producteurs se seraient mobilisés sur le terrain, les actions prenant des tournures différentes selon les départements. Dans le Finistère, des plaintes pour vol ont été déposées contre les laiteries. Dans les Côtes d'Armor des producteurs ont bloqué la collecte et manifesté devant Unicopa et Coopagri, remettant au passage le diplôme de plus mauvais payeur aux dirigeants. Dans l'Ille-et-Vilaine, tous les sites de transformation ont été bloqués à l'exception de Nazart, en difficultés financières depuis plusieurs années, et de Triballat qui est une des entreprises qui applique le mieux l'accord sur le prix du lait. Dans le Morbihan, trois entreprises ont été bloquées et cinq camions de collecte arrêtés.

Colère injustifiée pour les industriels

Concernant les Pays de la Loire : des camions ont été bloqués dans la Mayenne et dans la Sarthe, une plainte pour rupture de contrat a été déposée au tribunal de grande instance en Vendée, un site de Lactalis et sept camions ont été bloqués en Loire-Atlantique et enfin l'usine d'Ancenis de Terrena et l'Usine Célia du Maine et Loire ont été paralysées.

La journée blanche a également été relayée en Normandie avec une douzaine de sites occupés et une cinquantaine de camions arrêtés.

Des actions ponctuelles de blocage de la collecte ont également été menées dans le Sud-Ouest (en Dordogne, dans le Lot et dans les Pyrénées-Atlantiques), selon la FNPL. Bongrain, Lactalis et Sodiaal ont été particulièrement visés.

L'Union des industriels laitiers de l'Ouest (Unilouest) qui appelait mercredi soir à la reprise du dialogue interprofessionnel estime cette « colère injustifiée » répondant à des « mots d’ordre qui ne correspondent pas à la réalité économique». « La baisse des prix sera compensée par de nouvelles aides européennes introduites par la réforme de la Pac qui doivent tomber en octobre. Globalement la recette laitière devrait avoir tendance à augmenter », estime Bertrand Posté, directeur d’Unilouest. « Cela étant la situation des producteurs n’est pas forcément simple » reconnaît-t-il, évoquant notamment la sécheresse.

« Mais ce n’est pas en tapant sur les transformateurs que l’on va arranger les choses» ajoute-t-il. Les entreprises laitières ont vu leur travail fortement ralenti par les actions d’hier, les seuls sites ayant pu travailler étant ceux qui avaient anticipé la collecte dans la nuit de mercredi à jeudi.

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