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La bière n’échappe pas à la baisse de la consommation d’alcool

La consommation de bière poursuit sa chute après la pause observée en 2003 et continue de rencontrer des difficultés à «recruter» de nouveaux consommateurs. L’environnement «sociétal» est défavorable.

Rien n’y fait. Campagnes de publicité, promotion et lancement de nouveaux produits n’arrivent pas à inverser la chute de la consommation de bière en France. En faisant abstraction de l’année dernière, tirée vers le haut par les températures caniculaires, l’évolution des ventes en 2004 a accusé un repli de 1,9 % versus 2002 (-4,7 % versus 2003).

Si dans l’absolu, le chiffre n’est pas vraiment inquiétant, il ne fait que confirmer une tendance observée depuis un certain temps. Évalué aux alentours de 20 millions d’hectolitres, le marché français de la bière a perdu 1 million d’hectolitres sur ces trois dernières années, selon les chiffres de Brasseurs de France, qui regroupent 52 brasseries et 99 % des bières produites dans le pays.

« Nous sommes l’un des cinq premiers producteurs européens en volume », explique Olivier Picot, président de l’organisation, qui note cependant la mauvaise posture des Français en termes de consommation. « Avec 33,4 litres par habitant, nous sommes les avant-derniers buveurs du continent».

Seules les bières de spécialités s’en sortent

L’Italie, seul pays à faire moins bien, est en phase de progression. Le poids du circuit CHD (cafés hôtels restaurants), qui représente 28,2 % des ventes, baisse de 5 %, une évolution quasi similaire au circuit alimentaire, en repli de 4,2 %. Dans cette dernière catégorie, un transfert semble s’opérer entre les GMS (-0,4 million d’hectolitres) au bénéfice du hard discount (+0,3 million d’hectolitres). Ce mouvement profite surtout aux exportations en provenance d’Allemagne et de Hollande, historiquement liées avec ce mode de distribution.

Dans ce paysage plutôt morne, seules les bières de spécialités s’en sortent et affichent une évolution positive (+1,6% en volume, pour atteindre 16,3 % des ventes), à contre-courant des segments « luxe » (-5 % en volume), « spéciales » (-5,9 %), et panachés/sans alcool (-15 %). Pour saisir et exploiter au mieux cette tendance, Brasseurs de France compte s’appuyer sur les brasseries artisanales comme « ambassadrices de la bière au niveau local et régional », en espérant en faire une porte d’entrée vers le marché des bières classiques.

Le travail de recrutement reste conséquent, puisqu’un Français sur deux n’est pas consommateur de bière. Forcé de coller aux attentes qui ne peuvent exclusivement provenir des géants de la bière, Brasseurs de France a massivement accueilli les petites structures ces derniers temps, passant de 13 à 52 membres en 18 mois.

Plusieurs voies sont prévues pour tenter de redynamiser les ventes, mais la bière se heurte à un environnement négatif « pour longtemps » déplore M. Picot. Une raison de plus pour développer des bières sans alcool ou à un degré inférieur à 4°, ou bien des bières étrangères. Pour donner une chance aux petites brasseries et encourager leur développement, un amendement à la loi Jacob a été déposé hier, réclamant une réduction des droits d’accises de 10 à 50 %. Une façon, pour les brasseurs, de mesurer la distance entre le discours sur les PME et les actes.

Rédaction Réussir

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