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Incertitudes et volatilité

Tandis que le maïs devrait s’attendre à un stock de report historiquement bas en 2012 sur le marché mondial, la production de blé vole de record en record à chaque estimation. Le marché reste marqué par une forte volatilité.

Période du 22 au 28 février. Durant cette période, les marchés céréaliers ont fait la démonstration d’une grande instabilité accompagnée d’une volatilité des prix, pas toujours explicable. Deux rapports sont sortis ces jours derniers qui renforcent les estimations du mois dernier et les fondamentaux.
En premier lieu, la dernière conférence annuelle de l’USDA (département américain de l’Agriculture), qui prévoit une progression des surfaces américaines consacrées au maïs de 2,2 % le printemps prochain ; en se fondant sur les rendements moyens de ces dernières années, la récolte américaine pourrait ainsi atteindre 355 millions de tonnes (Mt), ce qui permet d’envisager une reconstitution, au moins partielle de ses stocks. Par ailleurs, il faudra compter avec les forts semis de l’Est européen, ukrainiens notamment.
Or, en ce qui concerne la récolte 2012, un nouveau record de production de maïs est annoncé par le CIC (Conseil international des céréales), à 864 Mt, soit 3 Mt de plus par rapport aux estimations de janvier, mais ne parvient pas à rattraper la consommation de nouveau réévaluée à 871 Mt. Conclusion : le stock de report serait historiquement bas à 126 Mt. Fondamentalement, la tension des prix devrait demeurer la marque de ce marché et, même en cas de grosse récolte, des disponibilités toujours modestes et la perspective d’un marché tendu ; théoriquement, car on n’en est pas encore à la moisson 2013.
En revanche, la production de blé vole de record en record à chaque rapport. Le CIC a encore revu en hausse de 5 Mt, à 695 Mt, son estimation de récolte mondiale pour 2012, maintenant la consommation à 681 Mt et propulsant le stock de report à 211 Mt. Compte tenu du précédent report et de la récolte annoncée, les disponibilités pour l’actuelle campagne se situent à un niveau jamais atteint, de 892 Mt, tandis que les semis mondiaux sont annoncés en progression de 1,5 %. Ce sont des facteurs baissiers mais le blé bénéficie actuellement de la tension du maïs avec un report vers l’alimentation animale (ce qui ne devrait pas être le cas en France, selon FranceAgriMer) et, pour le moment, d’une forte demande internationale qui soutient les prix mondiaux.

Incertitudes sur les prix

Hors ces spéculations, le marché céréalier depuis ces dernières semaines reste caractérisé par une forte volatilité. Les risques de dégâts sur les cultures sont à nouveau évoqués. La réduction volontaire des exportations ukrainiennes, le possible retour de la Russie au marché, les rigueurs passées de l’hiver et surtout, la hausse sensible de l’euro, qui pénalise le blé français à l’export, sont autant d’arguments. Tantôt haussiers, tantôt baissiers, ils se succèdent au jour le jour, entretenant l’instabilité des prix, la semaine 9 débutant par un décrochage des cours que nous actualisons, sans garantie de persistance dans les jours à venir.

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