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INAO : la fin de quelques dogmes pour les AOC

René Renou veut permettre à une partie des AOC de se battre à armes égales avec le Nouveau monde. 

La réforme radicale proposée par René Renou se justifie, aux yeux du président de l’Inao, par le développement depuis une quinzaine d’années d’une concurrence internationale agressive qui de plus, a su imposer son propre standard du vin auprès du consommateur. Alors qu’auparavant la France, en matière de vins, était la référence unique. « De plus, l’AOC vit aujourd’hui une crise de confiance », estime René Renou qui entend donner de la transparence au système. « Elle n’est pas à la hauteur de la part de rêve qu’elle promet. Les réalités apparaissent et montent à la surface». Désormais, estime-t-il, il y a parmi les AOC, deux logiques de production. Une première, « moderne» qui s’inspire du modèle anglo-saxon à travers une certaine « normatisation». Une seconde basée sur la notion de terroir avec de grandes exigences et un tout aussi grand savoir-faire.

Autant acter cela dans les faits. René Renou propose donc à tous les syndicats d’appellation de réécrire leur décret. Une réécriture qui se fera soit de façon « moderne», soit « selon une économie de valeur ajoutée plus traditionnelle ». Aux viticulteurs de se réapproprier l’AOC. « Mais chacun devra choisir un positionnement aussi clair que possible et ensuite dire ce qu’il fait et faire ce qu’il a dit ». Ceux qui opteraient pour la plus grande rigueur et exigence bénéficieraient d’une AOCE (AOC d’excellence). Les autres ayant choisi « une vision plus flexible » autorisant les assemblages de cépages ou de millésime à hauteur de 85 %, la mécanisation, la technologie en cave seraient reconnus en AOC simple.

Il s’agit bien dans ce cas de donner les moyens à ces vins de se battre à armes égales avec les concurrents du Nouveau monde.

Logiques économiques collectives différentes

« L’Inao doit sortir de son dogme définitif pour adopter une position plus agressive sur le marché mondial».

Toutefois, sur la question des copeaux, le débat au sein de l’Inao, n’est pas tranché. Les grandes régions de production ont vocation à rejoindre cette simple AOC, estime encore M. Renou qui précise : « L’AOCE n’est pas forcément mieux que l’AOC. Ce sont uniquement des logiques économiques collectives différentes ». L’engagement d’au moins 75 % des viticulteurs présents dans une appellation serait exigé pour demander l’accès en AOCE. Et si au sein de la simple AOC, un viticulteur souhaite s’imposer les critères de l’AOCE, il pourra le faire et bénéficiera alors de la mention Site et Terroir d’Exception.

Il s’agit bien dans ce cas d’une reconnaissance individuelle d’un domaine particulier. L’accession en AOCE et en STE serait révisable tous les 5 ans, avec le risque d’être déclassé en cas de non-respect des décrets. Le système ne fonctionnera qu’avec un dispositif de contrôle strict s’appuyant sur les centres régionaux de l’Inao mais aussi sur une brigade indépendante de contrôleurs. #Le débat est donc lancé. Il devrait se poursuivre toute l’année pour déboucher sur des propositions fin 2004.

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