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[Edito] Il n’y aura pas de guerre des prix !

« Il n’y aura pas de guerre des prix », lâche Michel-Édouard Leclerc lors du fameux congrès LSA Stratégies commerciales, le 7 octobre dernier. Si le distributeur se montre si affirmatif, c’est que pour lui, « la demande de prix s’impose d’elle-même » et qu’après le confinement les Français ont vu « qui étaient les moins chers ». Sous-entendu, E.Leclerc a déjà gagné la guerre des prix. C’est vrai que l’enseigne a réussi à nouveau à tirer son épingle du jeu de la période difficile du confinement. Autre gagnant de la période : Intermarché, dont le président, sur le départ, tient un discours plus nuancé. « Il subsiste des injonctions contradictoires entre le pouvoir d’achat d’un côté et la rémunération des producteurs et la déflation des prix de l’autre. On a fait des efforts avec des résultats uniquement sur le lait à date. Je pars avec un goût d’inachevé à ce sujet-là », a-t-il déclaré lors du congrès. Et d’annoncer qu’il souhaitait aller plus loin dans les négociations en assumant de tirer les prix vers le bas plutôt sur la droguerie, la parfumerie et l’hygiène (DPH). Troisième enseigne d’indépendants en tête des enseignes en croissance, U, dont le président Dominique Schelcher estime qu’« il n’y a pas de guerre des prix massive », une notion de prix qui revient pourtant en force dans l’actualité depuis la fin du confinement. À l'orée des négociations commerciales 2021, si les discours des dirigeants d’enseignes sont nuancés, on sent bien que la question du prix va une nouvelle fois dominer dans les box de négociation. Et ce, alors que les plans d’affaires 2020 ont eu du mal à se concrétiser à cause du confinement et que les lancements des innovations ont souvent été reportés dans le temps. Les industriels de l’agroalimentaire arriveront-ils à passer leurs tarifs, comme le réclament l’Ania et la Feef ? Ou du moins les PME aux marges serrées depuis des années et aux finances malmenées par la période de pandémie ? Soyons optimistes et parions sur l’intelligence des distributeurs, conscients d’avoir besoin de l’offre locale et différenciante apportée par les PME !

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