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« Il faut les mêmes contrôles pour tous»

Lors de sa récente AG, le Syndicat pour la certification et la qualité des porcs de la Sarthe (LPS) a fustigé des inégalités sur la certification et la nouvelle notice technique des labels de porcs. Entretien.

Votre dernier rapport d’orientation dénonce des pratiques « desservant l’intérêt des éleveurs et portant atteinte à la qualité de produit». Pouvez-vous en dire plus ?

Daniel Martin : Notre concurrent en coche Arca subit 10 fois moins de contrôles de certification, avec une rapidité de procédure d’agrément à faire rougir le plus laxiste. La CNLC se discrédite en acceptant des règles différentes d’un opérateur à l’autre. Quand Arca est à 10 % de contrôle, LPS en est à un par élevage. L’objectif devrait être fixé à 25 % pour la filière. Je ne suis pas partisan d’une baisse des contrôles, mais il faut mettre fin aux distorsions. Des analyses tous azimuts nous sont facturées par Quali Ouest, sans aucune concertation. Voilà pourquoi j’ai proposé de faire un appel d’offre au mieux disant. Si les truies certifiées Arca sont meilleur marché, c’est aussi en raison d’une moins bonne rémunération des éleveurs. Etre à des prix aussi bas est déplorable pour un groupement de producteurs.

De quelle manière cela vous pénalise-t-il ?

D.M : Nous avons dû lever le pied sur un nouveau marché avec Porc Montagne Développement. 100 à 120 truies certifiées sont écoulées chaque semaine, au lieu des 200 prévues. Je n’ai pas envie de proposer de nouvelles mises en place et d’avoir à batailler sur les prix avec Arca. Concernant la Gorinette, première coche certifiée de France, avec une traçabilité individuelle, une alimentation sans OGM, la production est de 120 bêtes par semaine, avec un potentiel estimé à 200. Le Cénomans, qui est notre porc fermier, connaît une légère baisse de volume, à 950 animaux hebdomadaires. Un fort ralentissement intervient en grande distribution, qui tombe à 20 % de part d’activité. Le circuit de la boucherie artisanale s’essouffle, en raison d’un manque de renouvellement de la profession. Heureusement, le réseau de la charcuterie Label Rouge se développe, à 40 % de l’activité.

Quelles sont vos critiques sur la nouvelle notice technique ?

D.M : Elle doit s’appliquer de la même manière pour tous, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Fixer le pH 24 à plus de 5,6 est une bonne chose. Mais, notre expérience montre que le passage de 5,5 à 5,6 entraîne 25 % de déclassés supplémentaires. Des ajustements sont nécessaires.

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