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Harry's croit en l’avenir du précuit et aux marchés étrangers

Le plus américain des fabricants français affiche une belle santé après 40 ans d'existence. Mais devant un léger essoufflement de la croissance de ses ventes, Harry's se tourne vers l'étranger, la Russie notamment.

Harry's : un nom américain pour une marque française qui exporte son savoir-faire en Europe, Turquie et en Russie. Habituellement très discret, le spécialiste du pain et de la viennoiserie préemballés, qui fête ses 40 ans cette année, sort de l'ombre à l'occasion d'un changement d'identité. « Présent depuis sa création et symbole de la marque, le drapeau américain laisse désormais la place à un store de boulanger», déclare Alain Strasser président d'Harry's France rachetée en 2003 par Barilla. Les États-Unis n'auraient-ils plus la cote ? Alain Strasser ne répond pas précisément à cette question, mais explique que le drapeau réduisait Harry's à son American sandwich (tranches de pain de mie).

« C'est notre plus grand produit en France, mais Harry’s ce n'est pas que ça», ajoute-t-il. Paul Picard, boulanger du centre de Châteauroux et créateur d'Harry's en mai 1965, s'est certes inspiré de la culture américaine omniprésente dans la ville siège d'une base de l'Otan, pour lancer le premier pain de mie américain en France.

Mais aujourd'hui Harry's s'affirme surtout comme le premier boulanger de France : avec 150 000 tonnes de pains et viennoiseries préemballés produits dans les 5 sites français en 2005 pour un chiffre d'affaires de 396 millions d’euros auquel s'ajoute 101 millions d’euros réalisés à partir des 5 usines basées à l'étranger. « Notre métier, c'est boulanger : on emploie plus de 150 boulangers parmi nos 1600 employés », affirme Alain Strasser. En France, le préemballé ne représente que 6 % de la consommation de pain contre 90 % dans certains pays et Harry's estime son potentiel de développement encore important. Pourtant après des croissances de 10 % en 2003 et 2004, les ventes d'Harry's n'ont crû que de 3-4 % l'an passé. Le segment des viennoiseries pour enfants est en baisse depuis l'an dernier, le segment des viennoiseries préemballées est très concurrencé par le hard discount et celui des pains préemballés arrive à maturité et doit faire face à la montée des MDD.

« American sandwich », star en Russie

Pourtant pour 2006, Alain Strasser vise une croissance comprise entre 5 et 10 % essentiellement basée sur de la croissance interne. Pour y parvenir, Harry's compte sur l'innovation. L'industriel lance le premier en-cas pour adultes (brioches poire chocolat ou à l'orange à moins de 12 % de matière grasse) et étend sa gamme de précuits avec une demi-baguette campagne et des briochettes nature et au chocolat. « Le précuit préemballé ne représente que 7 000 tonnes, mais on le voit comme un marché très important dans 5 ans », souligne Alain Strasser. 17 à 18 millions d'euros d'investissements industriels ont été réalisés l'an passé en France pour accroître la capacité de production et permettre ces innovations. Harry's a aussi massivement investi dans la construction d'une deuxième usine en Russie, inaugurée il y a un mois.

« American sandwich est en train de devenir une star en Russie » se félicite le patron d'Harry's France. « Nous commercialisons 25 000 tonnes aujourd'hui, on devrait tripler ce volume d'ici 5 à 6 ans en Russie », annonce-t-il. Harry's possède aussi

3 usines en Espagne, en Tchéquie et Turquie et développe actuellement les marchés belges et portugais. Mais endetté depuis le rachat par Barilla, Harry's ne devrait pas se lancer tout de suite dans la construction d'une nouvelle usine.

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