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Gros malaise dans la volaille Label Rouge

Les volailles labellisées, le poulet notamment, ont vécu leur âge d'or. A la journée Itavi-Synalaf de jeudi dernier, l'ampleur des défis à relever a été révélé au grand jour.

Lors de la précédente conférence organisée conjointement par l'Itavi et le Synalaf en 2004 à Angers, la production de volailles Label Rouge venait de descendre de son pic des années vache folle. Dans la distribution, les ventes de poulets déclinaient au profit du bœuf.

Cette année, la même conférence fait le constat douloureux d'une perte de vitesse structurelle accentuée par la crise de la grippe aviaire. Les consommateurs achètent toujours de moins en moins de volailles Label Rouge entières sans pour autant augmenter leurs achats de découpes de volailles labellisées. Julia Burtin, auteur d'une étude TNS Worldpanel, a vu qu'en GMS (grandes et moyennes surfaces), le Label est « encore moins bien orienté que le standard ». L'heure est grave à son sens, car il « est attaqué dans son cœur de clientèle ». Les couples d'âge moyen ainsi que les familles avec enfants allant au collège, au lycée ou les enfants majeurs sont moins acheteurs de poulet LR qu'en 2002. Cette désaffection a lieu dans un contexte d'augmentation des prix de détail des produits frais, d'une vigilance accrue vis-à-vis des prix, de la compression des dépenses alimentaires et de déclin généralisé de la consommation des viandes.

La présentatrice a cependant nuancé son exposé en montrant que certaines espèces s'en sortent mieux que d'autres. Le canard en particulier, a vu ses ventes progresser depuis 2002 malgré une hausse de prix. Cette espèce voit sa clientèle se maintenir, ainsi que sa fréquence d'achat en grandes surfaces. La progression en valeur du canard LR a même bondi de 25 % en 2004. La pintade LR, de son côté, maintient dans son cœur de clientèle les couples seniors et les familles avec enfants majeurs, contrairement à la pintade standard. Ainsi, elle se maintient en GMS en termes de taille de clientèle et de niveau moyen d'achat.

Seules les découpes de pintade font un tabac

Tout n'est pas perdu pour le Label Rouge puisque, selon un sondage (Prométhée), la majorité des personnes ayant entendu parler du poulet dans les médias et qui ont encore totalement confiance dans le produit, font totalement confiance à un produit label ou certifié au sens large. Selon Julia Burtin, les cibles du Label Rouge seraient sensibles à une communication rappelant les vertus de celui-ci. De son côté, Marie Cuenot, du Synalaf, a présenté un tableau alarmiste des perspectives de segmentation du poulet à 5 ans. De 21 points de part de marché, le poulet entier glisserait de 5 % à 15 points, tandis que le poulet entier certifié grimperait de 20 % à 9 points de part de marché.

Elle a par ailleurs mis en évidence un « réel problème de découpes » pour le poulet Label Rouge. De source Secodip, les achats de découpes de poulet LR ont régressé de 6,6 % entre 2004 et 2005 (les découpes de poulet certifié progressant de 9,4 %). Celles-ci ne supportent pas la comparaison de prix avec un niveau moyen supérieur de 65 % à celui les découpes de poulet standard (source Itavi d'après Secodip Consoscan 2). Pour le coup, le nombre de poulets labellisés sous forme de découpes est tombé de 6 % au troisième trimestre de 2005 et de 8 % au quatrième, marqué par la crise de la grippe aviaire. Cette part de production stagne à 20 %.

Seules les découpes de pintade font un tabac en progressant de 65 % au 4e trimestre de 2004. La présentatrice a conclu à la nécessité de veiller au prix des découpes, de développer les produits élaborés, les ventes en restauration ainsi qu'à l'export. Il faut notamment communiquer, en rappelant que l'élevage de plein air, bien que partie intégrante de l'«éthique » de l'élevage fermier, n'est pas le facteur de qualité fondamental du Label.

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