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Gaymard attendu de pied ferme par les producteurs de légumes

La FNPL ne peut imaginer que le ministre de l’Agriculture ne réponde pas à ses propositions de sortie de crise. Le congrès annuel de la fédération qui se tiendra la semaine prochaine à Nantes s’annonce tendu.

« Honnêtement je n’ose pas imaginer qu’il ne fasse rien». Pour Angélique Delahaye, présidente de la Fédération nationale des producteurs de légumes (FNPL), celà ne fait pas de doute : Hervé Gaymard viendra le 7 octobre à Nantes avec des propositions de sauvetage de la filière. Le 3 septembre dernier, le ministre avait promis une réponse sous quinzaine aux propositions exprimées par la fédération spécialisée (lire LM du 9 septembre).

Trois semaines plus tard, les producteurs attendent toujours. L’option choisie par la FNPL jusqu’au congrès est de pratiquer un syndicalisme de propositions. Mais « si le ministre ne vient pas avec des vraies mesures, on pourrait faire un peu moins de syndicalisme de proposition et un peu plus de contestation », prévient Angélique Delahaye, qui ajoute « que les gens inscrits au congrès ne viennent pas pour entendre une berceuse ».

Outre la menace d’actions plus musclées, les producteurs avancent une série de raisons pour lesquelles le gouvernement devrait faire un geste envers eux. Les conclusions de l’audit de la filière, rendue en juin par le ministère, vont dans le sens du plan d’adaptation proposé par la FNPL depuis plus de deux ans. La filière qui emploie 200 000 salariés temporaires et à plein-temps, souvent peu voire pas qualifiés, s’inscrit parfaitement dans la politique de cohésion sociale, affichée comme une priorité du gouvernement.

Enfin, « on ne comprendrait pas que dans une France où on nous dit qu’il faut manger des fruits et légumes, on ne fasse rien pour ce secteur », insiste Angélique Delahaye qui rappelle que le ministère de la santé en est à la troisième campagne du programme national de nutrition santé.

Les premiers dépôts de bilan arrivent

Le dernier argument est factuel : les premiers dépôts de bilan d’exploitations arrivent et les exploitations commencent à débaucher. « Des pans entiers de cultures spécialisées sont en train de disparaître dans certaines régions. On est dans une situation de rupture, on attend que le ministre réagisse vite, fort et concrètement », martèle-t-elle.

Hervé Gaymard se laissera-t-il pour autant convaincre et répondra-t-il positivement aux propositions de la FNPL ? Celles-ci sont nombreuses : une prise en charge de 4 euros de l’heure sur les charges patronales des employeurs, une aide à la trésorerie, des prêts à taux zéro, une détaxation des produits pétroliers, l’abrogation des ristournes sans contrepartie qui représentent aujourd’hui 150 millions d’euros annuel (soit 5 % du CA de la filière) . Les réponses d’Hervé Gaymard sont attendues avec impatience lors du congrès de Nantes.

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