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Fromages au lait cru : la Normandie dans l’embarras

Si les invités d’honneur des dernières journées de Cambremer étaient les huiles d’olive AOC françaises, il a surtout été question du retrait partiel de Lactalis et de la Coopérative d’Isigny de l’AOC camembert de Normandie.

Les débats furent virils mais corrects, comme on dit au rugby. Dans un contexte marqué par la sortie partielle de Lactalis et de la coopérative d’Isigny de l’AOC camembert de Normandie (lire nos éditions précédentes), les débats des treizièmes rencontres professionnelles de Cambremer organisées le 5 mai dernier au sein du festival des AOC normandes, promettaient d’être sportifs, lors de la matinée professionnelle comme lors de l’émission de Jean-Pierre Coffe « Ca se bouffe pas ça se mange » enregistrée en direct de la place de Cambremer. Le débat avait en effet pour thème les conditions de production du camembert de Normandie L’émission peut-être réécoutée à l’adresse suivante : http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/casebouffepas/archives.php..

Le pire était à craindre, quand on connaît la personnalité mordante de l’animateur mais aussi celle des invités, en l’occurrence les représentants de la fromagerie Réault et de Lactalis, dont les avis sont opposés sur ce point. Mais l’animateur comme le public sont restés sur leur faim, les explications fournies par Lactalis restant obscures. Les producteurs locaux se demandent toujours pourquoi le groupe, qui invoquait des questions sanitaires, n’est pas sorti complètement de l’AOC puisqu’il n’a retiré que ses principales marques Lanquetot et Lepetit tout en conservant les petites marques de type « Jort », « Moulin de Carel » etc.

Dans ce débat, Jean-Charles Arnaud, président du comité des AOP laitières et agroalimentaires de l’Inao, présent à la tribune, a joué il est vrai les modérateurs et contribué à calmer les esprits. Les enjeux de cette partie de bras de fer dépassent en effet largement les frontières de la Normandie et doivent prendre en compte l’intérêt des consommateurs et des AOC laitières.

OI ou OC il faut choisir

Avant le débat radiophonique, la traditionnelle table ronde entre professionnels sur le thème de l’adaptation des AOC au contrôle externe et de la participation des collectivités territoriales fut plus sereine. Rien de bien nouveau sous le soleil si ce n’est l’éternel débat du choix entre OI (organisme d’inspection) et OC (organisme certificateur). Jean- Charles Arnaud a tenu à préserver la liberté de choix de chacun (proposée dans la loi) en fonction de son secteur. Le fromage n’a pas les mêmes préoccupations que l’huile d’olive ou que le vin, a-t-il expliqué . Olivier Nasles, président de l’AFIDOL et également président de l’AOC huile d’olive de Provence a expliqué pourquoi il avait fait le choix de l’organisme agréé, structure qu’il a créée dans le sud de la France pour une vingtaine d’ODG (organismes de gestion).

Les pouvoirs publics, quant à eux, ont confirmé que, s’ils ne pouvaient aider les AOC dans le financement du contrôle -interdit par la loi-, ils souhaitaient aider en amont, soit au plan technique, soit de la communication ou de la promotion.

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