FNSEA : il n’y a pas que les biocarburants
C’est un signe des temps : les congressistes de la FNSEA, réunis à Metz du 21 au 23 mars, se pencheront sur les débouchés non alimentaires de l’agriculture. Ils débattront d’un rapport d’orientation consacrés à « des marchés à conquérir », dont le vice-président Xavier Beulin a présenté le contenu hier. Le président de la FOP (oléo-protéagineux), fervent partisan -et acteur- du développement de la filière diester, a insisté sur le fait que les débouchés non-alimentaires de l’agriculture ne se limitaient pas à la production de biocarburants. « Selon l’INSEE, 3,4 millions d’emplois dépendent directement ou indirectement du secteur agricole, a-t-il assuré. Sur ce total, 20 à 25 % sont déjà issus des activités non alimentaires ».
Les chapitres du rapport d’orientation reflètent cette diversité. Le premier est consacré au tourisme et aux services en milieu rural (services à la personne et aux collectivités, chasse, pêche, activités équestres, etc.), « des activités qui constituent déjà une activité supplémentaire sur les exploitations et représentent une part non négligeable du revenu ». Le deuxième chapitre se penche sur les marchés des fleurs et plantes, des fibres et des arômes. Le rapporteur du texte considère que les filières lin et chanvre notamment « offrent encore de belles perspectives de développement », tandis que les impératifs environnementaux et la demande la société devraient redonner de la valeur au «cinquième quartier» (coproduits animaux, cuir, laine, etc.)
Un important chapitre, le troisième, est bien sûr consacré aux biocarburants, sujet particulièrement d’actualité avec la volonté affichée par le gouvernement d’incorporer 7 % de biocarburants d’ici 2010. « Le Congrès aura précisement pour objectif de mettre le doigt sur la concurrence entre activité alimentaire et non-alimentaire, a expliqué Xavier Beulin hier. Il y a des discours extrêmes dans les deux sens dans le monde agricole. Ceux qui veulent que l’agriculture se lance à corps perdus et ceux qui disent qu’il ne faut pas y aller. Entre les deux, il y a de la marge. Notre priorité à nous, c’est d’œuvrer à l’organisation des filières et au développement d’une contractualisation qui bénéficie aux producteurs ».
Le secrétaire général Dominique Barrau a confirmé que ces questions suscitaient de vifs débats dans les régions. 124 amendements au rapport d’orientation ont été présentés au groupe rapporteur la semaine dernière. Trois questions principales seront débattues au Congrès : l’équilibre entre alimentaire et non-alimentaire, dans un contexte de faim dans le monde et d’incertitudes sur la pérennité du modèle des biocarburants ; l’utilisation des huiles végétales pures ; et enfin l’organisation économique des producteurs, qu’il s’agisse des biocarburants ou des réseaux d’accueil touristique.
Les agriculteurs de la FNSEA, qui se pencheront aussi sur les débouchés comme la biomasse ou la méthanisation, feront bien sûr part de leurs revendications dans ces différents domaines, notamment l’adaptation de la réglementation à la pluriactivité. Une question qui risque de ne pas laisser insensible les autres métiers évoluant dans l’environnement direct des agriculteurs, qu’il s’agisse du petit commerce ou des transformateurs industriels.