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FNP : nouvelle équipe, nouvelle stratégie

La filière porcine manque d’ambition collective, selon les éleveurs. Ils réclament une restructuration.

Le nouveau bureau de la Fédération nationale porcine (FNP) a regretté jeudi dernier le « manque d’ambition collective pour développer la filière ». Son président Jean-Michel Serres s’est interrogé sur la capacité des acteurs nationaux à profiter des nouvelles opportunités de marché. « Une fenêtre s’ouvre chez les dix nouveaux États membres, qui sont plutôt en phase de décapitalisation, a-t-il déclaré. La France saura-t-elle en profiter ? Aujourd’hui, l’offre nationale est trop dispersée. »

Le successeur de Jacques Lemaître souhaite « reprendre la main, pour redonner confiance aux éleveurs et éviter le divorce avec les jeunes ». Cette ambition passe par une remise à l’ordre du jour du rapport Porry, sur l’avenir de la filière porcine française. « Il n’y a pas eu de restructuration des outils, a-t-il déploré. L’abattage-découpe reste fragile, face à une forte pression de la grande distribution. Ce secteur risque de perdre pied dans la compétition européenne. » Le secrétaire général Paul Auffray a jugé nécessaire de trouver une nouvelle stratégie pour la filière porcine. Selon lui, « l’amont n’est pas récompensé de ses efforts ».

« Nos gains de productivité sont anéantis par le commerce, a-t-il dit. Les producteurs sont de plus en plus performants sur le plan technique, en nombre de porcs produits, en qualité de carcasse ou indice de consommation. Il faut maintenant réinventer l’élevage, par le biais d’alliance, de spécialisation dans certaines tâches, d’externalisation pour d’autres. »

Le renouvellement du conseil d’administration de la FNP intervient à un moment clé. L’équipe emmenée par Jean-Michel Serres a annoncé une entrevue ces jours-ci avec le cabinet de Christian Jacob, au sujet de la révision de la loi Galland. « Il est indispensable de moraliser les transactions entre fournisseurs et distributeurs, a estimé le nouveau président. Les marges arrière atteignent des niveaux surréalistes. Par ailleurs, des changements s’imposent en matière de promotion. En trop grand nombre, elles ont un effet néfaste ».

Concernant la loi d’orientation, il a exprimé sa grande déception vis-à-vis du volet fiscal, estimant que les pouvoirs publics faisaient de la « petite cuisine ». « Le mécanisme proposé est d’un niveau inadapté, par rapport à la réalité économique de nos élevages,a-t-il déclaré. Sans une défiscalisation plus forte, les producteurs ne retrouveront pas une compétitivité suffisante. La moyenne des prix payés aux producteurs, sur les cinq dernières années, arrive à peine au seuil du prix du revient ». Par ailleurs, la FNP souhaite que le plan de modernisation des bâtiments d’élevage inclût une partie sur le bien-être animal, qui le rendrait accessible au secteur.

Réagissant aux nouvelles attaques contre les producteurs de porcs, suite au projet de loi sur l’eau, Paul Auffray a souligné la bonne évolution des pratiques d’élevage. Il a cité le raisonnement des apports d’engrais, le meilleur dosage des traitements phytosanitaires. « La Bretagne arrive à un taux de résorption des excédents d’azote d’environ 60 %,a affirmé le secrétaire général. Le nombre de stations d’épuration dans les élevages dépasse la barre des 300 ».

La FNP a par ailleurs exprimé ses inquiétudes sur l’évolution du marché. Elle juge la situation plus dégradée en France que dans d’autres pays européens. « On espérait une sortie de crise en 2005. On en est moins sûr maintenant qu’il y a un mois », a déclaré Jean-Michel Serres.

 

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