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Financiarisation de plus en plus apparente du marché

Les marchés à terme continuent d'obéir aux mêmes prétextes à spéculation que représentent la météo et la situation en Ukraine. Plus pragmatique, le marché physique considère aussi le volume de transactions qui n'incite pas à la hausse.

Période du 23 au 29 avril. L'analyse de l'évolution d'un marché instable, spéculant sur les conditions météo chez les grands producteurs et sur les évènements géopolitiques, au jour le jour, est difficile. La prévision encore plus. La financiarisation du marché est de plus en plus apparente à travers cette volatilité qui néglige les fondamentaux pour s'en tenir au ponctuel, comme les prévisions météorologiques indécises. Ainsi, la semaine dernière, nous pouvions titrer sur les conséquences baissières du retour des pluies sur les cultures américaines, mais, depuis, c'est le « crop rating » des blés d'hiver outre-Atlantique (état des cultures satisfaisant à très satisfaisant à 33 %) qui permet aux cours de Chicago de se consolider, voire de se raffermir. Dans le même temps, des précipitations, bien que jugées encore insuffisantes, sur l'Europe de l'Ouest dont la France, ont influencé Euronext en baisse. Les prix du blé sur le marché physique français se sont tassés avec la pluie, mais aussi devant la prudence des acheteurs qui comptent sur une moisson précoce, et un stock de report copieux. Ce stock risque encore de s'alourdir si l'export ne se dynamise pas, c'est-à-dire si l'objectif de 11,4 millions de tonnes (Mt) exportées vers les pays tiers ne se réalise pas. Les transactions en vieille récolte portent surtout sur des couvertures urgentes sur une valeur spot, à titre indicatif, de 200 euros, rendu Rouen. La nouvelle récolte, encore peu sollicitée, s'aligne à peu près sur ce prix, en baisse de 5 à 6 euros, en une semaine.

Les cours de l'orge fourragère continuent d'évoluer dans le sens de la tendance du blé, c'est-à-dire qu'en ce début de semaine, ils s'inscrivent en sensible baisse à 166 euros rendu Rouen pour un volume d'affaires très réduit.

1,2 Mha de maïs semés en France

Malgré la baisse du blé et de l'orge, le maïs conserve encore un avantage auprès des fabricants d'aliments du bétail, et le courant de ventes vers l'Ouest se maintient, alors que le portuaire, à destination de la péninsule Ibérique, ne peut toujours pas rivaliser avec l'origine ukrainienne. L'Ukraine, voilà donc la grande question. Quelles seront les capacités d'exportation de ce pays, 3e exportateur mondial de maïs, dans les prochaines semaines et, surtout sa production en prochaine récolte ? Ces incertitudes contribuent à la relative bonne tenue du marché métropolitain à 169 euros départ E et L et 180 euros, fob Rhin.

En France, en revanche, on ne se fait guère de souci pour la prochaine moisson ; selon l'AGPM, 1,2 million d'hectares ont déjà été semés.

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