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Fin 2004 : les découpeurs de porc pris en étau

Alors que les producteurs ont vécu une bonne fin d’année 2004, les intermédiaires de la filière sont confrontés à de sérieuses difficultés. En effet, difficile de ne pas se sentir étouffé entre un prix en production en hausse et la forte pression des GMS en vue des promotions de janvier !

En production, la fin de l'année 2004 a été très positive. La cotation nationale n'a cessé d'augmenter, pour finalement s'établir à 1,256 euro/kg en semaine 52. Les éleveurs ne s'en plaindront pas, puisque les cours étaient loin des niveaux catastrophiques de l'année précédente !

Bonne fin d’année côté prodution...

Le marché est resté fluide tout le mois de décembre du fait notamment du calendrier (Noël et Nouvel An étant des samedis), mais aussi du niveau de l'activité. Cette dernière était en effet considérée comme relativement forte, en comparaison avec celle de 2003. Ainsi, selon le MPB, pour la semaine de Noël, elle approchait les 340.000 porcs, soit 52.000 animaux de plus que l'année précédente. Parallèlement, le poids moyen a continué à diminuer et se trouvait près d'1 kg en dessous de celui de 2003, ce qui représente 120.000 porcs de moins en stocks vivants.

Cependant, la tendance s'est inversée entre la fin de l'année et le début de 2005. En effet, en semaine 53, les cours se sont stabilisés, puis ont finalement diminué en semaine 1, perdant 6,3 centimes jeudi dernier et s'établissant ainsi à 1,166 euro/kg en fin de semaine.

Ce rapide changement de situation s'explique, non seulement par la période de fin d'année, mais aussi et surtout par les perspectives de promotions de rentrée et les prix bas négociés par les grandes surfaces...

...mais des difficultés pour la découpe

Les découpeurs ont vécu une fin d'année très difficile. Elle a en effet été synonyme de préparation des opérations de promotions en grandes surfaces et de bagarre sur les prix avec les différentes enseignes clientes !

Comme il est de coutume, les GMS veulent proposer les tarifs les plus attractifs aux consommateurs, particulièrement lors des opérations de promotions. Les distributeurs souhaitent par conséquent disposer des meilleurs prix à l'achat, n'hésitant pas à faire une forte pression sur les professionnels de la découpe. Or, comme nous venons de le voir, tandis que les niveaux de prix en production étaient très bas et plutôt stables en fin d'année 2003, il n'en était pas de même en 2004.

Les découpeurs se sont donc très vite retrouvés prix en étau entre un prix en production ne cessant de grimper et un tarif à la vente en quelque sorte bloqué.

Dès la semaine 52, le SNCP a dénoncé la mise en place de promotions à des tarifs trop bas, ne suivant pas la réalité du marché. Il a aussi mis en garde les professionnels de ne pas céder à ces prix. La FNP s'est aussi mobilisée et a prévenu les services de la DGCCRF.

Par ces actions, certaines enseignes ont revu leurs tarifs à la hausse, surtout pour les demi-carcasses, mais ce n'est pas suffisant. D'autres prix, comme ceux de la longe, devraient être rectifiés.

Finalement, l'étau s'est très légèrement desserré autour des intermédiaires de la filière. La baisse significative du prix en production et le réajustement du prix d'achat ont permis de laisser un peu d'oxygène aux opérateurs, sans pour autant dissiper les inquiétudes.

En effet, si l'on se réfère aux années précédentes, le calme revient dès la semaine n°3 et pour un bon moment, ce qui promet de nouvelles difficultés de commercialisation pour les professionnels de la filière.

Rédaction Réussir

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