Filière : difficile début de contractualisation dans l’œuf
L’exemple de contractualisation en production de porcs et d’œufs, présenté par le directeur de la société coopérative Novial à la Journée d’information du CNPO (comité interprofessionnel de l’œuf) le 8 novembre à Paris, a intrigué le public. Novial est une joint-venture entre Ucalpi (Noriap) et Evialis, qui fabrique 350 000 tonnes d’aliments pour les élevages de volailles et de porcs du Nord-Picardie et de Haute-Normandie. Son directeur, Gaël Peslerbe, a expliqué comment des éleveurs de porc ont couvert 25 % de leurs besoins en blé et en orge pour trois ans par l’intermédiaire de Novial. Des producteurs céréaliers se sont engagés sur un tunnel de prix allant de 150 à 200 euros la tonne de blé rendu usine, à l’époque où cela pouvait se concevoir. Ces prix ont été déterminés avant la flambée de cet été à partir de l’observation de 5 ans des marchés à terme sur Euronext. Le contrat n’engage que les céréaliers et les éleveurs. Il repose sur la logique d’un lissage des revenus sur trois ans que les agriculteurs peinent à admettre, a convenu l’intervenant. La question « à quel moment s’engager ? » était sur toutes les lèvres. Jean-Luc Cade, président de Coop de France pour l’alimentation animale, a affirmé que les fabricants d’aliments ont les outils techniques pour offrir des contrats. Mais les éleveurs manquent de repères et ont peur d’y perdre. La contractualisation « va prendre du temps, a-t-il estimé. Nous aurons à former nos clients pour ne pas les perdre. » Devant la crainte de litiges, Alain Guillaume, président du Snia (syndicat national des industriels de la nutrition animale), a assuré que la chambre arbitrale des grains de Paris tranchera. Hugues Monge (Snia), administrateur du CNPO, a affirmé pour sa part que tout prix est bon à prendre quand le risque diminue objectivement.