Aller au contenu principal

Fermiers de Loué : la filière affûte ses armes

Dans un marché de la volaille plutôt morose, la marque Loué résiste mieux que les autres et se tourne vers la diversification. Mais les motifs d’inquiétude sont nombreux. 

Il y avait beaucoup de monde à l’assemblée générale des Fermiers de Loué. Deux ministres et un président de conseil général honoraient de leur présence les quelque 400 éleveurs présents dans la salle. Mais il a fallu très vite se rendre à l’évidence : les beaux jours sont oubliés et la crise est bien là. Le contexte mondial fait apparaître une concurrence en plein essor en provenance de pays aussi divers que : le Mexique (+ 1,2 %), le Brésil (+ 5,1 %), la Thaïlande (+ 6,4 %), la Chine (+ 3 %), la Russie (+17,9%). La production européenne quant à elle est en baisse de 4,2 %. Il faudra compter aussi avec les 10 pays entrants dont la production est en hausse de 4,6 %. Les importations de volaille des pays tiers sont passées de 450 000 à 800 000 tonnes entre 1999 et 2003 alors que les exportations ont baissé de 125 000 tonnes sur l’Europe et de 93 000 tonnes sur les pays du Moyen-Orient

Côté alimentation des animaux, la tendance est loin d’être bonne. En partie en raison de la la sécheresse de 2003, le prix de la tonne de blé a augmenté en 2003 de 55 euros et celui du tourteau de soja de 200$, ce qui représente une hausse globale du coût des aliments de 20 à 30 % selon les volailles avec une hausse maximale sur le poulet Label Rouge. Reste à ajouter une hausse très importante des transports maritimes. « Nous n’avons pas pu répercuter ces hausses intégralement sur le consommateur,a expliqué Eric Cachan, vice-président des fermiers de Loué. La moitié a été prise en charge par l’abattoir et la moitié par la filière. Une infime part a été répercutée sur les consommateurs ».

Un inquiétant recul de la consommation

En France, d’autres facteurs contribuent à cette mauvaise situation économique. Un recul important des achats de ménages de 10,7 % en trois ans et une part marché en perpétuelle augmentation des hard-discounters ont ajouté à la noirceur du tableau. « Le nombre de consommateurs acheteurs n’a pas diminué, voire même légèrement augmenté (+ 0,6 %),constate Yves de la Fouchardière, directeur du groupement Syvol. C’est le volume d’achat de ces acheteurs qui a diminué de 2 à 4 kg ». Dans ce contexte, c’est la part du poulet PAC Label Rouge qui a le plus reculé de 16 % en trois ans. Seul rayon de soleil, le produit « œuf » qui, lui, ne cesse d’augmenter sa part de marché particulièrement en Label Rouge et affirmer sa position avec 62 % en valeur.

Mais les Fermiers de Loué ont décidé de ne pas baisser les bras et de se battre pour conserver leur position de leader, confortée par un taux de notoriété spontanée de 60,5 %. « Il faut avoir des marques fortes, communiquer sur le Label Rouge, demander à ce que les mêmes règles de traçabilité soient appliquées partout, notamment en matière de farine animale », prévient Gilles Huttepain, directeur du pôle amont et international de LDC.

Des propos relayés par Eric Cachan qui estime avoir été « lâché» par les commissaires Fischler et Lamy dans leurs tractations avec le Mercosur et sur celle de l’étiquetage de l’origine de la matière première. Il faut ajouter à cela certains opérateurs qui « cassent les prix » en offrant un poulet gratuit pour un poulet acheté contre lesquels les gens de Loué ont bien l’intention de ne pas rester les bras croisés. Enfin, la création de l’interprofession tant attendue pourrait permettre de se battre à Bruxelles et devenir un interlocuteur efficace avec les autres pays. Mais c’est aussi au niveau de la gamme des produits offerts au consommateur qu’il faut songer en développant les produits élaborés et de découpe par une commercialisation accrue et en prenant en compte les nouvelles habitudes de consommation.

Nicolas Forissier, Secrétaire d’état à l’Agriculture, et François Fillon, Ministre de l’Éducation Nationale concluaient cette AG en rassurant la filière concernant le terme fermier « qui ne léserait personne» et en affirmant leur soutien quant à leur intervention auprès des commissaires européens pour faire valoir leurs droits.

Les plus lus

vaches limousines en étable
Viande bovine : pourquoi l’Idele prévoit un ralentissement de la baisse de production en 2026 ?

Après avoir nettement baissé en 2025, la production de viande bovine en France ne devrait pas se redresser en 2026, selon les…

poule rousse en élevage
Œufs : « Les tensions dans les rayons vont disparaitre d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

La consommation d’œufs atteint des sommets historiques en France, alors même que la transition vers l’alternatif limite le…

La France consomme des chevaux qu’elle produit peu, mais produit davantage d’animaux destinés à l’exportation.  © Reussir
Viande chevaline : « aujourd’hui ce sont plus les jeunes générations qui en demandent »

La consommation de viande chevaline recule, tandis que les importations augmentent. Dans ce contexte, Interbev Équin mise la…

petit veau dans sa niche
Petits veaux : « les intégrateurs s’attendent à des prix très élevés en mai »

Les prix des petits veaux laitiers ont connu une évolution historique en 2025, sous l’effet du manque d’offre. Les…

broutards charolais en bâtiment
Broutards : comment les Italiens s’adaptent à la baisse de l’offre française

La France envoie de moins en moins de broutards mâles vers l’Italie, faute d’offre. Une chute qui n’est pas compensée par le…

drapeau turc
Broutards : la Turquie annonce un quota d’importation de 500 000 têtes sur 2026

Le gouvernement turc a publié ses quotas d’importation de broutards dans un contexte d’inflation toujours élevée et de prix de…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio