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Feed : l’Europe des additifs se concrétise

Le cadre réglementaire des additifs pour animaux se simplifie tout en se durcissant.

« A quoi sert cet additif ?» ; telle est la question à laquelle répond la nouvelle classification européenne des substances destinées à l’alimentation animale. Cette classification « fonctionnelle» distingue les additifs non plus selon leur type moléculaire mais selon leur fonction. Celle-ci est soit technologique (épaississant, conservateur...), soit sensorielle, soit nutritionnelle (vitamines...), soit zootechnique (digestibilité, bien-être), soit, plus spécifiquement coccidiostatique et histomonostatique.

Les fabricants d’additifs saluent cette remise à plat logique. Ils ont aussi conscience qu’elle empêchera d’avancer des allégations non prouvées scientifiquement, certaines sociétés n’hésitant pas, aujourd’hui, à vanter les vertus digestives ou zootechniques de leurs produits.

Cette classification s’accompagne d’une remise à plat de la procédure d’autorisation des additifs. Elle ne passe plus par un « Etat membre rapporteur », choisi par le fabricant, qui pouvait se faire l’avocat du dossier. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) commanditera désormais l’évaluation scientifique. Le Syndicat national des producteurs d’additifs et d’ingrédients alimentaires (Synpa) en attend « une instruction rapide et égalitaire des demandes d’autorisations». L’instruction devrait s’accélérer du fait de l’instauration de critères d’évaluation proportionnés à l’emploi de l’additif et de la prise en compte d’autorisations déjà acquises.

Mais ces simplifications ne profiteront pas immédiatement aux sociétés intéressées puisqu’elles doivent dans un premier temps faire réévaluer tous leurs produits. Ceux-ci vont passer au crible de la nouvelle classification. À l’avenir, le nouveau cadre ne laissera pas les fabricants et importateurs en paix, puisqu’il prévoit un examen systématique tous les 10 ans. Jusqu’alors, certains additifs comme les vitamines étaient plus rarement examinés. Le Synpa préfèrerait « une réévaluation ciblée, basée sur un avis de l’AESA, en cas de nouvelles données sur la sécurité d’un additif », suivant le principe actuel.

Autre faille mentionnée dans un communiqué du syndicat : les pays exportateurs dans l’Union européenne d’animaux et de viandes peuvent avoir des procédures d’autorisation de leurs additifs plus lâches.

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