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Fat tax au Danemark : une mauvaise idée pourquoi ?

 

Le Danemark est le premier pays à avoir imposé en 2011 une taxe sur les graisses dites saturées ou « fat tax » pour lutter contre l’obésité. Un an à peine après sa mise en place, elle a été abolie, à cause de ses effets économiques négatifs et eu égard à l'absence d'impact réel sur les modes de consommation. L'impopularité de la taxe a été telle que le gouvernement a aussi abandonné une nouvelle taxe qui devait entrer en vigueur au 1er janvier 2013 sur des produits comme le yaourt, le ketchup, les cornichons ou le chou. Il vient aussi d’annoncer la suppression prochainement de la « taxe soda » mise en place dans les années 1930.

 

Dans une étude intitulée « Fiscalité « nutritionnelle » : les coûts de la fat tax au Danemark », l’Institut économique Molinari rapporte des coûts de gestion et d’informatique de 27 millions d’euros pour l’ensemble du commerce de gros et de détail, réduisant ainsi la compétitivité des entreprises danoises. Le prix des huiles et des graisses y ont progressé de 14 % (34 fois supérieur à la moyenne de l’UE). Le prix de la viande y a augmenté de 4 % et ceux du lait, formage et œufs de 3 %. Poussés à faire leurs courses à l’étranger, les Danois ont boosté le commerce allemand et suédois tandis qu’ils délaissaient leurs propres entreprises. L’étude estime à 1 300 postes le coût en termes d’emploi. Dans le même temps, les effets de la fat tax sur la consommation et la santé auraient été négligeables (0,4 % sur la période octobre 2011 – juillet 2012), voire contre productifs (substitution par des produits moins chers et de moindre qualité), alors que 80 % des personnes interrogées confirment ne pas avoir changé leur consommation suite à l’imposition de la fat tax. Un exemple à méditer par les Pouvoirs publics de pays tentés de s'engager sur cette voie de la fiscalité nutritionnelle (la France a instauré une taxe soda. Le ministre des Finances danois ne laisse planer aucun doute à ce sujet : « taxer la nourriture pour des raisons de santé est au mieux malavisé et au pire contre‐productif ».

 

A savoir : L’Institut économique Molinari (IEM, du nom de son fondateur) est un « think tank » basé à Bruxelles fondé en 2003. Il se veut être un organisme de recherche et d'éducation. Il se donne pour mission d'influencer les parlementaires, les journalistes et les faiseurs d'opinion dans le but de favoriser une politique économique libérale.

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