Aller au contenu principal

Et le consommateur dans tout ça ?

Jeudi 3 septembre au soir, les manifestants ont quitté la place de la Nation, parfois le cœur lourd, déçus des annonces de Manuel Valls et d'une opération parfaitement (trop parfaitement ?) orchestrée par la FNSEA. Venus réclamer des prix rémunérateurs, et n'ayant obtenu « que » des reports d'annuités, allègements de charges et autres aides à l'investissement, de jeunes éleveurs semblaient tout juste se consoler du bon accueil des Parisiens. Rentrés dans leurs fermes après ce long voyage en tracteur, il ne leur restait qu'à attendre les décisions des ministres européens à l'Agriculture réunis le 7 pour un conseil extraordinaire. Des décisions qui ne manqueraient pas de causer de nouvelles déceptions. À leur crédit, politiques français et européens ne sont pas tout puissants face aux aléas du marché mondial, auxquels les éleveurs sont de plus en plus exposés. La tentation protectionniste est grande. Mais elle paraît bien utopique face à la réalité d'une économie mondialisée. À l'inverse, le désir des producteurs bretons d'entreprendre, débarrassés des contraintes franco-françaises, environnementales notamment, semble un peu trop faire fi des attentes de la société civile. Régis Lebrun, patron de Fleury Michon, s'étonnait la semaine dernière sur France Inter de l'absence du consommateur dans les débats. Et il a raison. Si chaque maillon de la chaîne des produits carnés pense juste à produire et obtenir un prix rémunérateur sans se soucier du désir du client final, la filière va à sa perte. Quand il déclare « il faut mettre en production des animaux selon les attentes du consommateur », le charcutier vendéen rappelle un principe fondamental. Pour cela distributeurs, transformateurs, abatteurs et producteurs doivent davantage discuter, enterrer les vieilles rancunes, et trouver le moyen de valoriser les efforts de qualité à chaque étape. Pas question forcément de miser sur l'étroit créneau du premium. Mais plutôt de se démarquer de la concurrence par des produits plus aux goûts des consommateurs français et étrangers. Qui sont, eux, bien tout puissants.

Les plus lus

Des camions brulés dans un incendie
Porc : incendie de la flotte de camions de l’abattoir Paris Terroirs à Houdan

Ce week-end de Pâques, Cooperl a perdu ses camions frigorifiques de l’abattoir de Houdan, dernier abattoir porcin d’ile de…

sept personnes
Porc : les premiers abats blancs français arrivent en Chine

La France a obtenu après de longues négociations l’agrément pour exporter des abats blancs en Chine. Les premiers conteneurs…

viande emballée en usine
Viande bovine : qu’importe et qu’exporte l’Allemagne ?

L’Allemagne est très intégrée dans les échanges communautaires de viande bovine. Elle importe notamment 40 % de sa…

carcasse de bovins en boucherie
Viande rouge : les abattoirs s’alarment d’une forte baisse de la consommation

Les opérateurs de l’abattage-découpe s’alarment d’une chute des commandes de viande bovine et de veau depuis trois mois, qui s…

Flocons bruns en gros plan
Tourteau de soja : la France pourrait couvrir 40 % de ses besoins en non OGM en 2032

Le tourteau de soja français gagne en compétitivité alors que le règlement européen contre la déforestation renchérit les…

oeuf cassé par une machine industrielle
Les prix des œufs pour la casserie reculent avant le férié

L’évolution des prix des œufs français, au 23 avril 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie chaque semaine la…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio