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« En 2030 le monde sera en rupture totale avec celui d’aujourd’hui »

Invité à l’assemblée générale de la FNPL à Albi marquée par la fin des quotas et les demandes des producteurs sur la contractualisation, François Attali, de Sodiaal, a invité les participants à se projeter en 2030.

François Attali, 
Sodiaal
François Attali,
Sodiaal
© R.d

 

La filière laitière doit se projeter sans attendre dans le monde de demain. C’est ce qu’a démontré François Attali, responsable marketing stratégique, recherche et innovation de Sodiaal lors de l’assemblée générale des producteurs de lait à Albi. Le monde qui nous attend en 2030 sera en « rupture totale » avec celui que l’on connaît, « celui des occidentaux » de la génération du baby boom. « Il faut désormais voir le monde avec, au centre, la Chine », sans oublier l’Afrique dont la population est en augmentation exponentielle. La croissance « colossale » de la demande se fera dans les pays émergents, essentiellement dans les classes moyennes, et ces pays n’auront pas les moyens de produire. « La demande sera dictée par la culture de ces demandeurs. »


 

ANTICIPER ET INNOVER

Dans le monde de demain, l’environnement technologique et scientifique n’aura plus rien à voir non plus avec ce que l’on connaît. « Nous allons vers un monde de l’infiniment petit (nanotechnoloongies) et de l’infiniment grand, qui ne sera plus perçu à l’échelle humaine. Cela va changer la perception de ce que l’on produit et mange. » Dans ce monde connecté, « l’opinion va devenir toute puissante, mettant à mal le savoir scientifique, le pouvoir politique et celui de l’entreprise ».

Face à cette rupture, « deux attitudes sont possibles : soit nanotechnoloon résiste, soit au contraire on anticipe et on participe au monde qui va éclore demain », analyse François Attali. Qui propose d’innover, notamment « sur la revalorisation de la matière. Dans le monde occidental, contrairement à la pensée asiatique, la matière ne vaut rien, et le monde agricole en est aujourd’hui victime. Nous avons l’occasion historique de faire prendre conscience que la matière est vivante, complexe et pas interchangeable ». Pour le lait, cela peut se traduire par « des filières nutritionnelles (avec des profils du lait très précis) de la même manière qu’il existe des filières AOP ».

Il faut aussi aller vers une agriculture connectée, le big data. « Cela implique des projets collectifs, de partager les données et de travailler dans la complémentarité. Je suis persuadé que le monde agricole peut aller beaucoup plus vite que le monde industriel ». Et dans ce monde qui sera gouverné par l’opinion, « l’agriculture fera l’objet de débats d’opinions très importants. Il va falloir s’insérer dans ces débats ».


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