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En 2005, la Bourse a plutôt souri aux IAA

Si la frilosité a été de mise au niveau des acquisitions d’entreprises (LM d’hier), l'année écoulée ne s'en est pas moins révélée créatrice de valeur pour les entreprises du secteur cotées en Bourse. Tiré par l'ogre Danone, l'indice des valeurs agroalimentaires a suivi l'évolution du CAC 40 pas à pas. L'indice de la place de Paris, qui a gagné pas moins de 22% en un an, s'est même fait dépasser par son homologue sectoriel qui affiche 23,7% de hausse, en regroupant sous son nom Bonduelle, Bongrain, Danone, Evialis, Fleury-Michon, LDC, Provimi, Sucrière de Pithiviers Le Vieil et Vilmorin Clause. Dans le lot, ce sont surtout les fortes capitalisations qui ont tiré leur épingle du jeu.

« Les entreprises de taille moyenne n'ont pas la taille suffisante pour absorber une crise sanitaire, comme LDC et Duc qui ont souffert de la grippe aviaire, ou des problèmes conjoncturels, avec l'atonie de la consommation » note Sébastien Faijean, directeur associé du bureau de recherche ID Midcaps. Véritable feuilleton de l'été finalement sans fondement, la rumeur d'OPA de Pepsico sur Danone a été le fait marquant de l'année, portant le titre du français à 96 e au plus fort de la rumeur, un niveau qui n'est pas loin d'être atteint aujourd'hui. Cette agitation a gonflé la capitalisation du groupe, plus que discret au niveau des achats en 2005. À l'image des géants Unilever ou Nestlé qui recentrent leurs activités, Danone s'est successivement séparé de sa participation dans le brasseur espagnol Mahou, de ses activités Sauces au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, avant de céder en novembre la société DS Waters (eau en bombonnes) aux Etats-Unis.

Dans le secteur du traiteur, Fleury-Michon, après un début d'année en fanfare suivi d'une accalmie, a tout de même vu son cours passer de 36,5 à 41,5 euros en un an. Une performance plus qu'honorable alors que l'industriel a dû s'employer à redéfinir ses gammes. Le son est un peu plus discordant pour Bongrain et Bonduelle, avec des cours en baisse en 2005 (respectivement -6 % et -13 %). « Pour Bonduelle, la surprise a été très mauvaise, car nous étions habitués à mieux. Avec la réforme de la loi Galland et la faiblesse des ventes, on mesure la difficulté pour ces capitalisations moyennes de faire face aux distributeurs » poursuit Sébastien Faijean.

A l'inverse de Bonduelle, Carrefour a plutôt été au rendez-vous. Relancé par l'arrivée d'une nouvelle équipe dirigeante en la personne de Luc Vandevelde et José Luis Duran, le distributeur a plus que limité les dégâts en freinant l'érosion de ses ventes et en retrouvant sa place d'enseigne la moins chère de France. L'effort sur les prix, estimé à 300 millions d’euros a eu un retentissement dans les caddies mais aussi auprès des marchés, avec une hausse du titre de 15 % en 2005. Une évolution qui tranche avec la morosité des dernières années de l'ère Daniel Bernard, débarqué en février.

Le Champagne, grand gagnant de 2006 ?

Dans le secteur des fortes capitalisations, Pernod Ricard a également été l'un des grands gagnants de l'année, son rachat d'Allied Domecq le propulsant en deuxième position mondiale pour les spiritueux, avec la place de n°1 en ligne de mire. Les actionnaires, qui avaient donné leur aval au projet de fusion, ne doivent pas regretter leur décision aujourd'hui avec un titre en hausse d'un tiers entre le 1er janvier 2005 et aujourd'hui, pour atteindre 150 euros.

Moins grand public, le secteur de la nutrition animale a également su tirer les marrons du feu. Les titres Provimi et Evialis (avec +44 % et +7 %) ont pris des couleurs. La présence en bourse, idéale pour trouver des sources de financement pendant les périodes d'investissement et d'expansion est toutefois à double tranchant. Le groupe Brioche Pasquier en est l'exemple, avec un retrait progressif entamé il y a quelques mois.

« Il s'agissait typiquement d'une belle valeur il y a encore trois ans. Mais la société n'a pas les reins assez solides pour encaisser l'environnement de la distribution. Avec un récent franchissement de seuil, elle se rapproche d'un retrait de la cote» estime le directeur associé d'ID Midcaps, pour qui le secteur agroalimentaire nécessite d'avancer avec une grande sélectivité. A contrario, certaines entreprises ont bien performé et ont décidé de se retirer avant que le vent ne tourne. C'est notamment le cas de Saveurs de France-Brossard, avec une OPA de son p-dg sur l'ensemble du flottant.

Toujours fragile pour 2006, la conjoncture ne devrait pas toucher le Champagne. Secteur extrêmement dynamique ces derniers mois (rachat de Lanson par Boizel Chanoine entre autres), la hausse de la demande des pays de l'Est ou de la Chine lui annonce un avenir radieux. « Il y a de vraies pépites à exploiter dans ce domaine, comme Vranken » estime M. Faijean. « Nous avons de grandes perspectives pour ce titre».

Rédaction Réussir

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