Emploi en volaille : la FGA veut des « passerelles »
La FGA-CFDT est en pourparlers avec la FIA (fédération des industries avicoles) pour tenter d’aboutir à une GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) et pour mettre en place un CQP (certificat de qualification professionnelle) afin d’améliorer la mobilité professionnelle des salariés. Le syndicat agroalimentaire s’inquiète des possibilités de reclassement des 238 salariés de l’usine de transformation de viande de dinde Dandy (groupe Unicopa), qui doit fermer en mai-juin, et de l’avenir de la société Tilly-Sabco ne faisant pas partie de la reprise d’Unicopa Volailles par Terrena. Bien qu’en plan de continuation, cette société spécialisée en poulet-export est menacée à terme par la disparition des restitutions à l’exportation, analyse le syndicat. Elle emploie environ 360 salariés, selon la FGA-CFDT.
Déplorant « une fois de plus d’être mise devant le fait accompli » par la cession d’Unicopa Volailles, le syndicat reproche à la filière volaille son manque de prospective en termes d’emplois. Elle rappelle son insistance, depuis plusieurs années, pour que chaque établissement applique une GPEC « avec des visions en termes de développements, emplois et formations à 3 ans et plus ». Elle considère que la Bretagne est particulièrement concernée par le besoin en reconversion des salariés de la volaille, plus particulièrement dans la dinde. La région « a développé une politique de production de masse », regrette le syndicat, au détriment de labels et de produits élaborés. Une perte à terme de 30 % des emplois est mise en perspective.
Doter les salariés de CQP leur ouvrirait un accès aux 13 autres branches de l’agroalimentaire présentes dans l’Agefaforia (organisme paritaire collecteur agréé des IAA). « Un conducteur de machine, responsable de ligne de production, de conditionnement, a des compétences pour travailler dans une autre branche alimentaire, fait valoir un porte-parole, mais celles-ci ne sont pas reconnues. » Les besoins de formation sont importants. Les salariés concernés sont souvent des femmes ayant peu de qualifications, parfois illettrées. « On demande aux professionnels de la volaille de s’ouvrir aux autres », a répondu Patrick Massard, le nouveau délégué général de la FGA-CFDT (anciennement délégué fédéral en charge de la volaille) dans une interview à Viande Magazine (mars 2008). Lequel recommande à l’industrie avicole de se rapprocher de l’Ania pour améliorer sa prospective en matière d’emplois et de compétences.