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Embargo russe : la pomme européenne sous le choc

En attendant une hypothétique levée de l'embargo russe en août prochain, quand l'Union européenne aura réévalué ses sanctions contre la Russie, les producteurs de pommes craignent une seconde année difficile. Témoignages recueillis au Medfel.

Invitée d'honneur du salon Medfel à Perpignan à la mi-avril, la filière pomme a pu prendre un peu de recul face aux évènements survenus depuis l'entrée en vigueur de l'embargo russe, en août 2014. L'annonce de l'embargo, Daniel Sauvaitre, président de l'Association nationale pomme poire, s'en souvient comme si c'était hier. « Nous étions à Prognosfruit en Turquie et le jour où l'on nous annonce une récolte record, avec un million de tonnes supplémentaires, nous apprenons que le marché russe, et ses 750 000 tonnes se ferment à nos produits, alors que nous étions sur une fin de campagne déjà difficile avec des reports de stocks conséquents. »

Cette « déflagration », c'est le terme qu'il emploie, a provoqué une baisse rapide des prix, consentie par les opérateurs pour assurer la fluidité des flux. Même si des signes avant-coureurs étaient perceptibles, comme l'affirme Éric Guasch, directeur commercial de Comimpex et président de l'Association France-Russie pour l'agroalimentaire, le choc fut rude. Les dégâts ont pourtant été moins importants que ce qui pouvait être envisagé début août. « La consommation a été meilleure que prévue », précise Daniel Sauvaitre, « et la part de la production initialement prévue pour servir la Russie a pu être relativement absorbée par d'autres marchés. Nous avons même été surpris de constater, au final, une certaine résorption des stocks de report au cours de cette année. » De fait, des pommes européennes ont continué d'entrer en Russie tout au long de l'année, au nez et à la barbe des autorités, rendant l'embargo quelque peu poreux.

Difficile d'ouvrir de nouveaux marchés

« Même si c'est possible, il ne faut pas oublier que cela ne peut pas concerner des volumes importants, le prix des flibustiers qui font entrer les produits en leur fournissant de “ faux papiers ” est très cher. Cela ne peut se concevoir qu'avec des fruits très peu chers pour que le prix sur place reste attractif », témoignait Jean-Louis Bounie, agent commercial en Russie, pour Perlim par exemple. Si l'année ne s'est pas trop mal passée, notamment en France avec une récolte modeste, tous savent qu'ouvrir des marchés nouveaux n'est pas chose simple. « Nous avons pris conscience avec cette crise que nous sommes potentiellement en situation de surproduction structurelle », avouait un peu plus tard Daniel Sauvaitre. « Nous espérons donc une réouverture du marché russe, en effet et même si la France n'est pas la plus touchée, il nous faudra sortir du marché de masse pour se mettre à l'abri. »

Du côté des marchés à conquérir, les barrières non tarifaires restent un outil de blocage particulièrement performant comme en ont témoigné les participants à une autre table ronde du Medfel. Si les discussions progressent doucement avec certains pays, il faut le plus souvent l'intervention du politique pour débloquer les dossiers techniques.

Parmi les pays qui pourraient ouvrir de nouveau leurs frontières aux pommes françaises, c'est le nom du Vietnam qui revenait le plus souvent dans la conversation, quand d'autres restent désespérément fermés, tel le Japon depuis 1976 pour la pomme et le kiwi.

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