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[Edito] Rétablir des filières agroalimentaires fortes

© Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

« Agroalimentaire : la France perd la main en Europe » titrait un article des Échos du 5 juillet. Et de citer une étude de l’Inra selon laquelle la France a exporté pour 38,1 milliards d’euros en Europe en 2018, contre des importations en hausse de 24 % à 38,4 milliards. Il y a quelques semaines un rapport du Sénat « la France, un champion agricole : pour combien de temps encore ? » s’était déjà alarmé de la dégradation de ce qui faisait une des forces de la France. « Sans le vin et les spiritueux, la France aurait un déficit commercial agricole de plus de 6 milliards d’euros » […] « l’excédent agricole français a été divisé par deux entre 2011 et 2017 en euros courants » et à ce rythme de décroissance « la France constatera son premier déficit agricole en 2023 », peut-on y lire. L’agroalimentaire français perd en compétitivité pendant que plusieurs voisins européens ont mis un coup d’accélérateur. Ce n’est pas la loi Egalim qui va changer cette situation ni la stratégie de montée en gamme, impulsée par Emmanuel Macron, même si elle peut permettre d’ouvrir quelques portes hors de nos frontières. Les récentes prises de position du président de la République quant aux différents accords commerciaux de libre-échange (Mercosur, début des négociations avec les États-Unis) inquiètent sur sa détermination à protéger les filières agroalimentaires françaises, déjà en difficulté. Pourtant, alors que de nombreux signaux sont au rouge, le chef de l’État devrait avoir à cœur de se montrer offensif sur cette industrie emblématique française et très pourvoyeuse d’emplois. Les négociations sur la réforme de la Pac vont s’intensifier au niveau européen, espérons qu’il se montrera plus ferme pour porter l’intérêt stratégique d’une politique agricole commune et forte et défendre notre souveraineté alimentaire. S’il ne veut pas que la fracture sociale s’accentue en France, il est vraiment temps qu’Emmanuel Macron prenne la mesure de l’enjeu de rétablir des filières agroalimentaires fortes pour la vitalité des territoires.

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