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Échelle nutritionnelle : les consommateurs consultés

L'association CLCV milite pour imposer rapidement une valeur nutritionnelle sur les emballages. L'idée est défendue par le professeur Hercberg, mais elle n'est pas simple à mettre en œuvre. Décryptage.

Le professeur Serge Hercberg, chercheur à l'Inserm et président du PNNS (programme national nutrition santé), défend un affichage à la portée de tous de la valeur alimentaire des produits. Il souhaite que le consommateur puisse apprécier immédiatement le « score nutritionnel global des aliments». Cette valeur, prenant en compte la « densité énergétique » et les teneurs en sucre simple, graisses saturées et sel, serait représentée par un graphique simple.

Cela fait partie des pistes qu'il a données en ce début d'année à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, pour s'inscrire dans le volet «prévention» de la stratégie nationale de santé publique. Cette piste est en cours d'étude au cabinet de la ministre et dans les services du ministère, informe un porte-parole. Elle complétera la feuille de route de santé publique, définie pour les dix années à venir.

Mais l'association CLCV (consommation logement et cadre de vie) voudrait la voir déjà reprise dans la prochaine proposition de loi de Santé publique de Marisol Touraine (devant être présentée cet été, apprend-on du ministère). CLCV vient d'écrire à la ministre pour lui suggérer de prendre les devants afin que la France soit force de proposition en matière de code harmonisé européen. En effet, l'Union européenne discutera en 2017 de l'harmonisation des codes qui apparaissent ici et là en Europe, et qu'autorise le règlement InCo aux côtés de la déclaration nutritionnelle obligatoire.

CLCV a lancé un sondage en ligne* pour demander aux internautes s'ils veulent ou non un tel affichage sur la face avant ou à l'arrière, présentant un modèle d'échelle nutritionnelle associant une lettre capitale à une couleur (allant du vert « A » au rouge « E »).

L'UE discutera en 2017 de l'harmonisation des codes qui apparaissent ici et là

« Un affichage trop discriminant »

Cette échelle est celle qu'un collectif de diététiciens, nommé « Simplifions l'étiquetage », vante sur la toile sous la forme d'une vidéo pédagogique. Les avantages mis en avant sont la comparaison entre produits d'une même catégorie et entre marques, et l'amélioration induite des compositions.

Selon CLCV, l'Ania n'apprécie pas la démarche du sondage et conseille implicitement à ses adhérents de voter ” contre. Une porte-parole de l'Ania signale que l'organisation est en phase de réflexion sur le sujet, et ne peut s'exprimer pour l'instant.

D'après Céline Le Stunff, consultante en nutrition et affaires réglementaires chez LRBEVA Nutrition : « Un affichage trop discriminant a peu de chance d'être accepté par l'industrie alimentaire européenne. Celle-ci, a déjà fait reculer la mise en place de profils nutritionnels sur les produits porteurs d'allégation. » Elle note toutefois qu'au Royaume-Uni, le système de feux tricolores multiples permet de nuancer la notation des produits. « On est rarement tout rouge, même si les seuils par nutriment sont relativement sévères », commente-t-elle.

LES OBLIGATIONS IMPOSÉES PAR LE RÈGLEMENT INCO

Les déclarations nutrition-nelles deviendront obligatoires pour la majeure partie des produits préemballés en décembre 2016, en vertu du règlement européen InCo (information du consommateur). Les tableaux qui existent déjà au dos des paquets devront d'ici à décembre 2014 se conformer aux critères harmonisés définis par ce règlement. Ils informeront le consommateur sur l'apport calorique du produit ainsi qu'en matières grasses, acides gras saturés, glucides, sucre, protéines et sel. Cette obligation va aussi s'imposer dès décembre 2014 aux produits exposant une allégation de santé. L'Ania et l'Abea (association bretonne des entreprises agroalimentaires) mettent à la disposition des industriels des guides pour mener à bien ce chantier.

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