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Duc et la filière avicole du Gard sont dans le rouge

La baisse de la consommation est plus marquée dans le Sud de la France et les prochaines migrations annoncent des jours critiques. Le groupe Duc souhaite que la filière nationale se restructure.

La filière avicole du Gard s'inquiète davantage de la consommation de volaille que du risque d'influenza aviaire. La baisse de la consommation est plus marquée dans le Sud de la France que dans d'autres régions. « Non seulement la consommation ne se redresse pas, déplore Joël Marchand directeur général du groupe Duc, mais nous avons encore perdu dix points sur les deux jours qui ont suivi la découverte du virus dans les Bouches du Rhône. Nous avons réduit notre activité commerciale de 30 % mais la situation devient intenable. D'autant que je crois que nous sommes installés dans une crise durable ». Duc a un abattoir dans le Gard, à St Bauzely. Il est d'une capacité de 200 000 volailles/semaine, soit la totalité de la production des 200 éleveurs du Sud-Est. Jusqu'à peu, le groupe avait fait le choix de ne pas différer les enlèvements et a opté pour la congélation.

« Nous avons actuellement un stock de 1 350 tonnes de viande congelée, ajoute Joël Marchand, que nous auto-finançons pour une durée indéterminée. Mais pour la première fois nous avons retardé nos enlèvements en semaine huit et nous prévoyons une nouvelle vague en avril. Nous allons inéluctablement vers une réduction de la production pour adapter notre offre à la demande qui à mon sens, va rester inférieure à ce qu'elle était pendant de longs mois». Le dirigeant se préfigure déjà le seuil au-dessous duquel son groupe ne pourra aller. « Je pense que la filière devrait songer à sa restructuration », glisse-t-il.

La situation est encore plus tendue pour le secteur du halal. « On ne vend plus rien, souligne Mohamed Laghmal, directeur de l'abattoir éponyme à Caissargues. D'une moyenne de 3 000 volailles par semaines, nous sommes passés à 300. La crise de la consommation, qui concerne un public très spécifique, est encore plus grave que dans les circuits traditionnels. C'est à croire que la communauté musulmane ne consomme plus de volaille. Il serait judicieux que le conseil régional du culte musulman intervienne pour rassurer la communauté ».

Selon Joël Marchand, il est temps que les politiques et les industriels arrêtent de brouiller la communication qui devrait seulement viser à relancer la consommation. Ils doivent laisser la parole aux producteurs et scientifiques pour divulguer des messages « crédibles et convaincants ».

Alors que le Gard attend les migrations d'oiseaux en provenance d'Afrique et s'apprête à traverser une période critique dans les trente jours à venir, Jean Louis Blanc, directeur des Services vétérinaires, estime le risque de contamination limité. Le DSV souligne que la faible densité d'élevages professionnels protège le département d'une propagation importante du virus. « Nous avons pris des dispositions de confinement dès le mois d'octobre, rappelle-t-il. Une surveillance active nous permet d'avoir une vision très sûre de l'état sanitaire des volailles dans le département. Le recensement des élevages familiaux, environ 800, est en cours. Concernant les oiseaux sauvages, nous avons trouvé plusieurs dizaines de spécimens morts mais après analyses, aucun virus n'a été mis en évidence ». Il conclut : « Pour l'heure, nous ne sommes pas inquiets sur le plan sanitaire ».

L'enveloppe d'aides nationales destinée à la région Languedoc Roussillon a été annoncée à 200 000 euros, dont 20 000 euros pour le département du Gard. Soit 200 euros par élevage professionnel. On devrait en reparler.

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