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Des éleveurs de porc misent sur l'aliment de la ferme

Fabriquer un aliment pour truies et porcs charcutiers ne s'improvise pas, d'autant moins que le contrôle sanitaire se renforce.

Certains éleveurs de porc, qui cultivent des céréales, comptent mettre à profit ce double atout : pouvoir épandre leur lisier et s’abriter des perturbations de prix des grains et des aliments composés. Ils sont ainsi 180 « fafeurs », c’est-à-dire « fabricants d’aliment à la ferme » dans les Pays de la Loire, d’après le dernier recensement de la chambre régionale d’Agriculture. Cette activité ne s’improvise pas. « C’est un métier», affirme Gilles Biotteau, président de l’association interrégionale Airfaf, qui espère voir affluer de nouveaux adhérents dans les prochains mois. Son association, fondée il y a moins de cinq ans, ne compte actuellement qu’une soixantaine de membres, dont une moitié d’éleveurs (l’autre moitié est constituée de fournisseurs de matières premières et de matériel). Mais elle a attiré quelque 200 personnes en novembre dernier, lors d’une présentation de différents modèles de fabriques d’aliment.

Ces éleveurs qui n’envisagent plus d’agrandir leur cheptel veulent améliorer leur marge. Toutefois, ils n’envisagent pas une rentabilité de leur investissement avant une dizaine d’années. Trois récentes installations ont coûté respectivement 60 000, 240 000 et 270 000 à des éleveurs régionaux, selon le niveau d’automatisation désiré et le nombre de truies (100 à 300) à nourrir.

Une activité qui ne s’improvise pas

La première vocation de l’association est d’entretenir les connaissances technico-économiques des fabricants à la ferme tout en les rapprochant de leurs partenaires. Ainsi, l’assemblée générale du 9 juin a été l’occasion d’apprendre à conserver les céréales sous forme sèche ou humide. En septembre prochain, il sera question de tourteaux de graines oléagineuses, en présence d’un huilier et « aplatisseur » de tournesol. La seconde vocation de l’Airfaf est d’aider les fafeurs à se mettre à jour de la réglementation sanitaire tout en négociant un aménagement des contrôles avec la puissance publique. « Nous donnons à nos animaux des farines nobles», fait valoir Gilles Biotteau. Il s’agit notamment de blé, d’orge, de maïs pour l’engraissement, de l’avoine pour la reproduction, du pois en remplacement du soja. Les fafeurs se conforment à une charte de bonnes pratiques et se préparent à l’agrément européen de leurs fabriques, au même titre que tout établissement impliqué dans la nutrition animale.

Le réseau national d’Airfaf veut faire en sorte que l’usage des mélanges médicamenteux soit raisonnablement encadré. Puisque « nous changeons peu de formule, nous n’avons pas besoin de recevoir tous les mois les services vétérinaires», plaide le président ligérien. À leur niveau, les associations régionales s’entretiennent avec les DSV pour un suivi « pragmatique » de la fabrication à la ferme.

L’association Airfaf des Pays de la Loire est la dernière née d’un mouvement apparu voilà quinze ans à l’initiative d’éleveurs de porc du Sud-Ouest de la France. Elle a suivi à six mois près la fondation de l’association bretonne. L’association nationale a trois ans.

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