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Des bilans lourds malgré de bonnes exportations

Malgré l'allègement de stock promis par FranceAgriMer et la bonne activité à l'export, les prix du blé stagnent. Le maïs souffre pour sa part de la pression de l'offre et d'une perspective de stock report record.

Depuis notre dernière chronique, ont été publiés le rapport de l'USDA qui a revu en hausse la production mondiale de blé et surtout le stock, porté à 197,5 millions de tonnes (Mt), – ce qui n'a évidemment pas poussé les cours mondiaux vers le haut – et les bilans prévisionnels de FranceAgriMer qui, eux, allègent considérablement (-710 000 t) le stock de report national. Celui-ci reste néanmoins à un niveau suffisamment élevé, 3,62 Mt, pour que la réduction n'ait pas provoqué de mouvement haussier. On doit cet allègement du stock à une réévaluation de l'export pays tiers de 1 Mt, à 9,8 Mt, soit 1,8 Mt supérieur à celui prévu en début de campagne au vu de la qualité hétérogène de la récolte française. Mais les exportateurs français ont bien travaillé, trouvant des acheteurs au grand large pour écouler, selon les estimations de FranceAgriMer, 500 000 à 700000 t de blé fourrager. Si ces exportations ont permis de sortir un bon volume et surtout d'alléger des stocks, elles sont inférieures en valeur, même si les cours du blé fourrager se sont nettement revalorisés (170 euros rendu Rouen), resserrant la fourchette avec le blé standard. Si les marchés à terme ont connu durant ces 15 derniers jours des fluctuations parfois contestables, le marché physique s'est montré relativement stable entre 177-179 euros.

Le blé dur est descendu de ses sommets passant de 420/450 euros, rendu port La Nouvelle il y a encore 2 mois, à 350/360 euros aujourd'hui, dans un marché devenu quasi inexistant, ne comportant que des produits de qualité inférieure. L'écart de prix avec le blé tendre a été exceptionnel cette campagne ; il a provoqué une progression de l'ordre de 15 % des surfaces (voir en page 20). Il en ressortira théoriquement une augmentation de production et le retour à des prix plus réalistes, mais suffisamment attractifs pour le producteur pour confirmer la reprise qui s'amorce.

Décrochage de l'orge fourragère

Malgré la demande du client chinois, les cours de l'orge fourragère accusent un décrochage ces derniers jours, à 168/169 euros rendu Rouen. Au 10 février, 1,75 Mt d'orge ont été chargées dans les ports français, soit 25 % de plus qu'il y a un an. En revanche, la situation du maïs est difficile. FranceAgriMer annonce un stock record de 4,15 Mt, après une récolte record et malgré une bonne demande de la part des fabricants d'aliment du bétail, et une révision en hausse des ventes à l'UE portées à 6,3 Mt. Car, malgré la pression de l'offre ukrainienne, le maïs français parvient encore à s'écouler sur le nord et le sud de l'UE… Mais à quel prix ?

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