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Des baisses hors des fondamentaux

Les désordres des marchés financiers ont fini par faire chuter les cours des céréales, d’abord à Chicago puis sur le marché à terme européen et le gré à gré. Mais les fondamentaux plaident plutôt pour une bonne tenue des prix sur le marché français du blé.
Période du 14 au 20 septembre. En début de semaine dernière, nous constations la bonne résistance que les prix des céréales opposaient aux désordres des marchés financiers, mais ceux-ci ont fini par en avoir raison et les cours sont repartis à la baisse sans justifications fondamentales. Les fluctuations financières ont été en premier lieu ressenties par Chicago, s’accompagnant par ailleurs de prévisions de récolte plus optimistes, et se sont reportées sur le marché à terme européen et sur les marchés de gré à gré. Cette instabilité n’autorise guère la spéculation (intellectuelle) sur le devenir des prix d’une semaine à l’autre. Mais les fondamentaux plaident plutôt pour une bonne tenue des prix en ce qui concerne le marché français du blé, bien équilibré, celui de l’orge en sous-production et celui du maïs qui bénéficierait, de prime abord, de bons atouts à l’exportation.

Les marchés d’Afrique du Nord restent fidèles

Compte tenu des prévisions de ressources en blé tendre sensiblement réduites par rapport à la dernière campagne (33,4 millions de tonnes contre 37,9) et de la forte progression prévue des incorporations dans l’alimentation animale (5,6 Mt contre 4,25 en 2010-2011), les exportations de blé tendre avancées par FranceAgriMer (15,5 Mt dont 8 à destination des pays tiers), non seulement ne devraient pas avoir de mal à jouer leur fonction d’équilibre, mais participeront à la grande modicité du stock de report, 2,26 Mt, le plus faible de ces dernières années.
Pour le moment, si la concurrence de l’origine mer Noire se fait lourdement sentir sur des marchés où nous avions pris pied en 2010-2011 grâce aux défections de la Russie, nos marchés traditionnels d’Afrique du Nord semblent nous rester fidèles (encore 400 000 t probablement vendues cette semaine à l’Algérie). Le dernier conseil céréales de FranceAgriMer notait d’ailleurs que les chargements dans les ports à destination des pays tiers atteignaient, au 1er août, 1,5 Mt soit à peu près le même volume que l’an dernier. Même si la concurrence mer Noire est déjà bien présente sur le marché communautaire, ainsi que celle des blés hongrois et tchèques sur le marché allemand, notre potentiel exportable reste important.
Autre facteur qui joue théoriquement en faveur des prix en ce début de campagne : les modestes entrées en organismes stockeurs pour le premier mois de la saison : 9,55 Mt de blé tendre contre 11 Mt l’an passé et surtout, une baisse considérable de la collecte d’orge, 3,8 Mt contre 5 Mt au 1er août 2010 et 6,5 Mt il y a deux ans, pour parvenir à un report exceptionnellement bas, de 780 000 t. Là non plus, pas de menace de surcharge. Pour le maïs, l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) maintient sa prévision de belle récolte à 15 Mt mais partage la sérénité de FranceAgriMer quant à sa compétitivité sur le marché de l’Union européenne et la perspective d’un petit report inférieur à 2 Mt.

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