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Des abattoirs peu rentables et vieillissants

On connaissait la faible rentabilité du secteur. Une étude met l'accent sur la vieillesse des outils.

Un tableau peu reluisant de la situation des abattoirs a été dressé vendredi au congrès de la FNICGV. L'Office de l'Elevage a épluché une centaine de bilans d'entreprises relatifs à l'année 2004. Il en ressort « une rentabilité fluctuante et plutôt d'un faible niveau ». L'Excédent brut d'exploitation (EBE) atteint en moyenne 1,8 % de la production. Une performance encore plus faible est observée dans le secteur ovin (0,6 %). La capacité d'autofinancement (CAF) représente 1,9 %, avec là aussi un décrochage en ovins (1 %). Côté investissements, des efforts notables sont signalés. C'est surtout le cas en bovins, avec 3,1 % de la production. En porcins, le ratio est moitié moindre (1,5 %).

Résultats dégradés

Mais, d'une manière générale, l'outil de production est jugé « vieillissant ». Là où la norme est d'un tiers pour le rapport entre immobilisations nettes et brutes, les bovins sont à 0,30, les porcins, à 0,35. Seul le secteur ovin fait bonne figure, à 0,52. « Les entreprises présentent une structure financière stable, basée sur des capitaux propres suffisants et un recours modéré à l'endettement», souligne également l'Office. Son étude s'appuie sur les résultats en 2004 de 98 entreprises d'abattage découpe de viandes de boucherie, représentant 3 millions de tonnes équivalent carcasse, soit 69 % des volumes traités sur le marché national.

Des chiffres plus récents ont été présentés. Ils émanent d'un indicateur trimestriel, arrêté au 30 septembre 2005. D'après le panel de l'Office, les entreprises connaissent une forte dégradation de leur rentabilité. Dans la transformation de bovins, le résultat tombe à 0,66 % (contre 1,13 % un an plus tôt). Les abatteurs découpeurs de porcs plongent dans le rouge, à -0,55 % (contre 0,06 %) et les ovins sont à 0,39 % (contre 1,32 %). Seuls les abatteurs découpeurs de bovins progressent un peu, à 0,49 % (contre 0,38 %).

Par ailleurs, les abattoirs sont de moins en moins nombreux. On en compte 312 en 2005 (contre 335 en 2000), dont 176 privés et 136 prestataires. La part d'activité des établissements publics est en forte baisse. Cette évolution ne s'accompagne pas d'un net accroissement des tonnages moyens annuels. L'agrandissement est moins marqué sur la dernière décennie, mais reste néanmoins présent, surtout en porcins. Par ailleurs, les établissements ont tendance à se spécialiser. Ils sont 67 mono espèce (contre 58 en 2000), traitant la moitié des volumes totaux.

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