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Déficit de l'offre et flambée des prix

Le déficit de la récolte de blé dur a engendré une flambée des prix. Outre des mesures d'urgence, la filière, victime de l'érosion des surfaces, demande une politique de relance.

Dans un contexte de chute générale du prix des céréales, sous pression de disponibilités considérables tant aux plans mondial que national, le blé dur fait figure d'exception avec une offre réduite engendrant une flambée des prix. À l'origine de cette situation, une production mondiale estimée par CIC, en repli de 11 % sur la dernière campagne, avec 33,7 millions de tonnes (Mt), en raison notamment d'une récolte canadienne de 5 Mt contre 6,5 Mt l'an passé (qui était particulièrement élevée). La production européenne (UE à 28) est jugée en retrait de 900 000 t, à 7 Mt, dont une production française de 1,5 Mt, en baisse de 15 % sur 2013 et de 30,8 % sur la dernière moyenne quinquennale.

Qui plus est, aussi bien en Amérique du Nord qu'en France, les conditions météorologiques défavorables, au moment de la floraison et des moissons, ont entraîné des pertes qualitatives qui réduisent encore les volumes de blé dur répondant aux critères de fabrication des pâtes. Certains observateurs prétendent que le déchet atteindrait 25 % au Canada. Et si en France, Arvalis admet une proportion significative de grains plus ou moins aptes (souvent moins) à la fabrication des pâtes alimentaires, il la situe entre 10 et 20 %. Quoi qu'il en soit, on est en présence d'une récolte mondiale déficitaire impliquant de recourir aux stocks qui reculeraient de 2,5 Mt sur 2013/3014, à 4,8 Mt, leur plus bas niveau en plus de vingt ans.

Surfaces en baisse de 35 % en trois ans en France

La baisse de production mondiale, cette année, est en grande partie imputable aux mauvais rendements. Mais à ce phénomène, la France ajoute une cause structurelle : la chute régulière des surfaces qui atteint 35 % en trois ans. Elle était particulièrement forte en 2013 dans les zones traditionnelles (Midi-Pyrénées) et d'après ce que l'on peut savoir des premières intentions de semis, elle s'y aggraverait, alors que l'on enregistrerait une reprise dans les bassins Centre et Ouest. Dans ces régions, plus orientées vers le blé tendre et les céréales fourragères que le Sud, le producteur a le choix entre les deux cultures. La chance du blé dur face au blé tendre dépend du différentiel de prix. Cette année, il est considérable en raison de la hausse spectaculaire des cours du blé dur et de la baisse du blé tendre.

La filière souhaite des subventions incitatives pour les prochains semis

La campagne blé dur a commencé sur des prix élevés qui n'ont cessé de progresser, avec une accélération brutale ces dernières se-” maines. À la date du 15 octobre, le blé dur standard cotait 392 euros, fob Méditerranée, contre 292 au 1er juillet et 248 il y a un an ; le blé canadien a évolué à l'unisson. Certes, on a déjà vu plus haut. Au cours de la campagne 2007/2008 les cours s'étaient envolés au-delà de 500 euros. La grande semoulerie d'Angoulême n'y avait pas survécu, fermant en décembre 2008. Mais, si cette hausse actuelle constitue peut-être une opportunité de relance de la production, elle est conjoncturelle. Aussi, la filière production/industrie souhaite-t-elle une consolidation de la potentielle reprise par un arbitrage des subventions incitatif, à définir dès les prochains semis et pour l'avenir.

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