Aller au contenu principal

Crises sanitaires : la force majeure libère les contractants

Est-il possible de se prémunir contre une crise sanitaire par une garantie adaptée ? Maître Antoine de Brosse s’est exprimé devant des responsables qualité des IAA réunis par l’Adria à Rennes,

Pour maître Antoine de Brosse, avocat à la Cour au sein du cabinet Simmons & Simmons, qui s’exprimait devant des responsables qualité des IAA réunis par l’Adria à Rennes, le 31 mai dernier : « une crise sanitaire peut bouleverser les contrats au sein des filières ». Pour se placer dans les meilleures conditions possibles, il conseille donc d’élargir la notion de force majeure dans les contrats avec les éleveurs, d’y insérer également une clause d’imprévision permettant de renégocier les contrats en cas de crise sanitaire, de justifier la prise de toutes les mesures possibles pour éviter la survenue de la crise sanitaire et de vérifier la prise en compte de l’événement dans les contrats d’assurance.

En effet, la force majeure libère les parties (éleveurs, intégrateurs…) de leurs obligations contractuelles et les exonère de responsabilité vis-à-vis des tiers. « Un événement doit cependant satisfaire à trois conditions cumulatives pour être un cas de force majeure : il doit être imprévisible, irrésistible et extérieur ». Les juges ont peu à peu abandonné l’imprévisibilité pour retenir surtout la notion d’irrésistibilité, par exemple dans le cas des cyclones. Mais cela, à condition que toutes les mesures requises pour éviter la survenue d’un dommage aient été prises par celui qui se prévaut de la force majeure. La force majeure ne peut par exemple pas s’appliquer à un éleveur dont le cheptel est atteint par la fièvre aphteuse s’il n’a pas respecté l’obligation réglementaire de prophylaxie, non plus qu’à un voyageur qui annule un voyage organisé sous prétexte qu’une épidémie sévit à destination alors qu’un traitement antibiotique permet de se prémunir contre la maladie en question.

Revenir sur la notion d’imprévision

Les mesures peuvent êtreimposées par voie réglementaire (confinement) ou par des mesures sanitaires complémentaires (vaccination) voire par d’autres mesures qui sont plus du ressort de l’entreprise (assurances). Est-il donc possible de se prémunir contre une crise sanitaire par une garantie adaptée ? L’avocat s’avoue sceptique, mais conseille aux entreprises de creuser la question.

Il est cependant possible de revenir sur la notion d’imprévision : cette notion juridique permet de modifier les conditions d’exécution initiales d’un contrat en cas de survenance d’un événement extérieur qui en bouleverse l’équilibre économique. Admise en droit publique, elle est absente en droit privé. Cependant, en s’appuyant sur le code civil (art. 1134) et l’obligation de négociation de bonne foi, les professionnels peuvent s’en approcher en demandant une renégociation des contrats… encore faut-il avoir prévu une clause dans le contrat initial. « Il faut donc insérer une cause d’imprévision pour les crises sanitaires de filière dans les contrats, que ce soit des contrats d’intégration ou des contrats de sous-traitance » conseille maître Antoine de Brosse.

Les plus lus

des poules oranges
Prix des poules pondeuses – Cotation réalisée le 07 mai 2026

La CPP (Cotation poule pondeuse) est publiée dans Les Marchés le lundi reflète les prix de la semaine précédente. La CPR (…

Œufs aux drapeaux ukrainien et turc
Œufs : les importations européennes bondissent de 65 % au premier trimestre, l’Ukraine et la Turquie en profitent

Les importations d’œufs de l’Union européenne ont atteint un record sur le premier trimestre 2026. L’Ukraine a progressé, mais…

batau porte conteneur de dos
Viande bovine : la consommation continue de reculer dans l’UE, mais les importations vont bondir en 2026

La consommation par bilan de viande bovine va continuer son déclin en 2026, selon les prévisions de la Commission européenne.…

conteneur bresilien au port
Viande bovine : les exportations brésiliennes pourraient chuter de 10 % à cause de la Chine

Les droits de douane instaurés par la Chine sur la viande bovine vont bientôt conduire à l’arrêt des exportations du Brésil,…

vaches dans un pré
Prix des bovins : après 8 semaines de baisse, le plancher en vue ?

Les prix des vaches allaitantes et des vaches laitières se stabilisent tandis que ceux des jeunes bovins s’effritent encore…

vue en contre plongée, dans une allée entre des conteneurs sur un port
Viande bovine : chute attendue de 13 % des importations chinoises en 2026

La production mondiale de viande bovine est attendue en légère baisse en 2026. Ce alors que le premier importateur mondial, la…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 90€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Les Marchés
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez vos publications numériques Les Marchés hebdo, le quotidien Les Marchés, Laiteries Mag’ et Viande Mag’
Recevez toutes les informations du Bio avec la newsletter Les Marchés Bio