Course contre la montre pour les agréments
Les projets s'entrechoquent ! C'est en effet la dernière ligne droite pour l'obtention des derniers agréments gouvernementaux délivrés aux producteurs de biocarburants et assortis d'exonérations fiscales. Côté bioéthanol, chacun veut sa part du gâteau et cette dernière série d'agréments s'apparente à une vraie campagne de lobbying entre industriels. Le ministère devrait dévoiler ses intentions fin février, peut-être pendant le SIA. Philippe Duval, patron de Tereos, a bien intégré les enjeux.
La fusion de Tereos et de Sdhf, annoncée le 26 janvier , lui a offert une tribune de choix. Il a répété que le dossier du bioéthanol était réservé « à ceux qui possèdent la technique de production et qui peuvent prétendre réunir les tonnages de blé nécessaires » et précisé que pour des questions de rentabilité, il fallait avant tout veiller à la dimension économique des projets. Un émiettement des agréments porterait selon lui un tort considérable à la pérennité des outils industriels.
Tereos défend donc bec et ongles son projet de Lillebonne en Seine-Maritime et compte bien obtenir les 120 000 t espérées. Sûrement surpris du dépôt de dossier du groupe Soufflet en décembre, après celui du groupe Roquette, Tereos voit aujourd'hui le dépôt du dossier d'Ethanord d'un mauvais œil. Coïncidence des dates ? Toujours est-il que le lendemain de l'intervention de Philippe Duval, les promoteurs du projet d'Ethanord, créé en avril 2004, organisaient en hâte une conférence de presse le 27 janvier. Le dossier avait déjà été annoncé sur l'ancien site de Métaleurop mais il semblerait que la Communauté d'Agglomération d'Hénin-Carvin (62) ait montré quelques réticences.
Au même moment, le président du conseil général du Pas-de-Calais milite pour que les terres limitrophes au site de l'ancienne usine puissent produire du blé destiné à être brûlé dans des chaudières collectives. Des essais pourraient être menés dans un collège de la zone. Ethanord est défendu par d'anciens cadres de Metaleurop, la banque Dexia et des négociants du Nord Picardie. Frédéric Carré, négociant à Gouy-sous-Bellonne (62) vient de déposer le dossier. Il est désormais localisé sur le port de Dunkerque, non loin des silos portuaires et aurait le soutien de Total. Seule la coopérative « La Flandre », toute proche, hésite encore sur sa position. Va-t-elle plutôt rejoindre le projet de Tereos à Lillebonne ou s'investir avec les négociants et le pétrolier Total à Dunkerque ? Réponse dans quelques jours.