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Coup de chaud sur les marchés

Les estimations de la récolte américaine de maïs n’ayant été relevées que de 4 %, les cours mondiaux réagissent à la hausse. Une tendance qui a entraîné un bond des cours du blé en France, où le marché réagit également aux prévisions de canicule pour cet été.
Période du 28 juin au 2 juillet. Dans notre dernière chronique, nous écrivions que la campagne céréalière 2009-2010 s’achevait dans un climat de fermeté. C’est devenu un euphémisme. En effet, la fin de la semaine dernière a été marquée par une accélération brutale de cette tendance ferme mais régulière que connaissait le marché depuis la deuxième quinzaine de juin. Plusieurs facteurs sont intervenus dans ce retour à la volatilité, dont un rapport du département américain de l’Agriculture (USDA) décevant pour la majorité des observateurs, qui attendaient bien mieux des estimations de la récolte américaine de maïs, augmentées seulement de 4 %. Ce qui est considéré comme un rythme insuffisant pour compenser celui des utilisations prévues en fort accroissement.

La peur d’une canicule fait monter les prix en France

Outre les besoins mondiaux pour l’alimentation animale, déjà signalés, la destination industrielle (éthanol) va encore s’amplifier. L’Agence mondiale pour les carburants renouvelables prévoit en effet une hausse de la production mondiale d’éthanol de 16 % en 2010. Pour les États-Unis, premier producteur mondial d’éthanol, la prévision est de 86 milliards de litres cette année, contre 74 en 2009. La réaction haussière des cours du maïs à Chicago à l’annonce décevante de la récolte US de maïs ne surprend donc pas.
Le marché à terme européen du maïs s’est inscrit dans la tendance américaine progressant fortement, imité par un marché physique déjà tendu par une demande toujours conséquente, alors que l’offre ne souffre d’aucun excès. Sur le marché français, tout au long de la campagne, le maïs aura évolué dans un climat commercial actif, surtout à l’exportation car sur le débouché intérieur il aura été pénalisé par son prix élevé par rapport à ceux des céréales à paille. Au 1er mai, les exportations françaises de maïs atteignaient 6,11 millions de tonnes (Mt), soit quelque 20 % de plus que l’an dernier, même période, dont 5, 78 Mt à destination de l’Union européenne.
La hausse du maïs à Chicago a certes entraîné celle du blé, tandis que le marché européen progressait aussi très fortement, en particulier le marché français ; mais dans ce cas, ce sont essentiellement les conditions climatiques qui ont engendré la brutalité de la hausse. Les pluies parcimonieuses n’ont pas rassuré les opérateurs quant aux conséquences de la canicule et les prix du blé nouvelle récolte ont augmenté de 15 euros en deux semaines (voir ci-contre).
La moisson d’orge avance avec des résultats qualitatifs plutôt satisfaisants mais des rendements hétérogènes. Les plus grosses craintes vont vers les orges de printemps. Les cours sont nettement haussiers en orge de brasserie, mieux contenus en fourragères par la présence des stocks (3,13 millions de tonnes au 1er juin, dont 710 000 tonnes à l’intervention). Les cours du maïs poursuivent leur progression avec une belle énergie.

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