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Coup de chaud sur le blé

Le cours du blé à Chicago a enregistré le 18 mai sa plus brutale hausse (+33,50 cents au boisseau) depuis seize ans. Ce renversement a eu des conséquences spectaculaires sur la place américaine, en créant une volatilité que nombre d’observateurs ont jugée excessive.

Période du 16 au 21 mai. Les marchés céréaliers, plus particulièrement celui du blé, ont réagi avec une violence extrême à un « weather market » devenu alarmiste quant à la situation des cultures céréalières dans les grands pays exportateurs mondiaux, sous les effets de la sécheresse et de la chaleur. Cette dégradation des conditions climatiques alerte aussi bien le centre et le sud des États-Unis, que le sud de la Russie ou l’Ukraine, encore que pour ce dernier pays, les pluies soient réapparues, ce qui démontre qu’il ne faut pas désespérer trop tôt. Le cours du blé à Chicago a cependant enregistré la plus grosse et brutale hausse (+33,50 cents au boisseau) que l’on ait vue depuis seize ans. Ce renversement du « weather market », après les belles promesses de récoltes qui s’affichaient il y a quelques semaines, a donc eu des conséquences spectaculaires sur la place américaine, en créant une volatilité que nombre d’observateurs ont jugée excessive. D’ailleurs, après la grande nervosité du marché et les achats précipités des fonds, les prix, bien que toujours très tendus, semblent s’orienter vers une consolidation. Les prises de bénéfices sont rapidement intervenues ainsi qu’une certaine dédramatisation de l’état des cultures dans les régions les plus menacées, encore que de réels risques de baisse des rendements subsistent et que le marché devrait rester fébrile dans les prochains jours. Euronext avait repris à son compte une partie de la flambée de Chicago, en accusant en clôture vendredi une hausse de 8 euros, à 213 euros sur l’échéance août. Lundi, une détente s’amorçait en début d’après-midi et la séance clôturait sur une quasi-stabilisation, à + 0,25 euros sur l’échéance août, alors que Chicago prenait encore 11 cents. Le marché physique participait à la hausse, malgré un courant de transactions encore modeste en nouvelle récolte, l’ancienne n’étant pratiquement plus traitée. Un euro toujours avantageux justifie également cette fermeté. L’orge ne se laisse pas décrocher et s’affiche à 202 euros rendu Rouen.

Compétitivité du maïs européen

Cette grande fermeté des céréales à paille soutient la compétitivité du maïs européen, relativement épargné par les secousses sismiques de ces derniers jours. Dans l’Union européenne, les besoins en alimentation animale et en éthanol maintiennent l’intérêt pour la production communautaire, même si les importations en origine mer Noire continuent d’affluer sur le sud de l’UE. Les disponibilités communautaires ne devraient pourtant pas faire défaut pour la prochaine campagne. L’AGPM, qui confirme les prévisions de l’analyste « Stratégie Grains » annonçant une augmentation de la sole de maïs européenne de 6,2 %, renforce même l’estimation d’augmentation de la sole polonaise. Selon elle, les producteurs polonais augmenteraient leur sole de maïs de 200 000 hectares pour combler les dégâts subis par les cultures d’hiver.

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