Coopagri plutôt épargné grâce à ses marques
Les dirigeants de la branche laitière du groupe Coopagri Bretagne (Landerneau, Finistère) tiennent le bon bout. Alors que la filière entre « dans le plus dur de la PAC », selon le président de la section lait, Jacques Guillou, Coopagri annonce avoir amélioré en 2005 son mix produit. Lors de l’assemblée générale de la branche (214 millions d’euros, 600 salariés), jeudi dans les Côtes d’Armor, Coopagri Bretagne a indiqué que son pôle fromager commercialisé par Laïta, société commerciale commune à Even et Terrena (pâtes pressés cuits, pâtes molles, pâtes fraîches) a progressé de 18 % à 45 000 tonnes.
Coopagri Bretagne a vu son beurre vendu à marque « Paysan Breton » augmenter ses parts de marché, derrière « Président » (Lactalis). Le groupe valorise ainsi 92 % de sa matière grasse. Les poudres et laits concentrés du groupe de Landerneau ont été portés par la notoriété de leur marque « Régilait » (56 % de PDM sur le marché français) sous laquelle ont été vendus 20 200 tonnes pour un CA de 77 millions d’euros. 41 % des ventes ont été faites à l’exportation.
Détenir des marques nationales s’avère précieux sur un marché où la réforme de la loi Galland devrait réduire leur nombre au profit de MDD et premiers prix, dit en substance Christian Griner, directeur de la branche. Cela constitue un atout pour les 1 800 apporteurs de 477 millions de litres à la coopérative. « Si le revenu a baissé de 8 euros/1 000 litres, il a été compensé par l’aide directe de 12 euros/1 000 litres, et la recette laitière a bénéficié des prix hauts de la viande de veau et des vaches de réforme », précise Jacques Guillou.
Réorganisation programmée
Pour renforcer la notoriété des marques du groupe, Coopagri Bretagne-Laïta va renforcer ses dépenses en marketing, avec notamment des passages TV. Parallèlement, Coopagri Bretagne multiplie ses efforts d’adaptation industrielle pour rendre ses outils plus compétitifs. Une petite beurrerie a été fermée en 2005 dans les Côtes d’Armor (LNA) et ses volumes transférés dans les outils plus grands (environ 20 000 tonnes chacun) de ses deux actionnaires, Coopagri Bretagne et Terrena. Entre 2006 et 2007, les trois partenaires de Laïta vont engager 10 millions d’euros dans les pâtes pressées cuites.
Objectif : hisser les capacités de leur outil dédié (Fromagerie de l’Iroise dans le Finistère) de 22 000 à 25 000 tonnes (dans un premier temps). Et concentrer la protéine à Yffignac (Côtes d’Armor) pour réduire le coût d’approche vers l’outil spécialisé. Le pôle fromager devrait représenter 50 000 tonnes en 2006.