Compétitivité des coopératives : le travail reste à faire
Avec l'issue récente des négociations de l'OMC et la hausse continue des importations de produits transformés, les coopératives françaises voient s'ériger de manière peu rassurante de nouvelles barrières à leur compétitivité économique. En réponse à cet environnement, Philippe Mangin a insisté hier sur la nécessité « de travailler à l'émergence de leaders par filière ou par région » lors d'un colloque sur « l'organisation de la coopération pour la valorisation des productions agricoles ». Le président de Coop de France, investi dans cette mission depuis plusieurs années, a reconnu la difficulté de la tâche, mais y puise sans doute sa motivation. « On ne pourra pas y parvenir sans avoir de leviers financiers. Il va falloir soit mobiliser des fonds, soit mieux gérer ceux en notre possession » a t-il expliqué, en rappelant que la période où une simple réunion de crise au ministère permettait de débloquer des crédits importants « était terminée». Une meilleure organisation des agriculteurs, cheval de bataille de Coop de France, devrait s'orienter vers la structuration à l'export « et non l'individualisme ». Car à l'heure actuelle, « nous ne sommes pas assez armés, il n'y a pas assez de grands opérateurs» s'est désolé Philippe Mangin. Dans le cadre de la Loi d'Orientation Agricole, la création d'une haute autorité de la Coopération, dont l'une des prérogatives sera la veille économique des filières de la ferme France va dans le bon sens, selon Philippe Mangin. Mais le travail devra avant tout être à l'initiative même des organisations et des exploitations.