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Comment retrouver une position de leader ?

Relancer la filière avicole française doit passer par une profonde révision des pratiques. Non seulement le lien entre l’abattage et la distribution ou le contrat des éleveurs, mais la conception même de la filière, estime le cabinet AND International.

«Il faut répercuter 16 % de hausse sur l’année à la grande distribution », martelait Gilles Huttepain, président de la FIA (Fédération des industries avicoles), le 4 décembre dernier lors de la journée avicole organisée par l’Aftaa à Angers. « Elle n’est pas habituée à ce que nous revenions demander des hausses plusieurs fois par an. Mais, sans cela, il faudra que l’amont prenne aussi une part de la hausse des coûts car la situation n’est plus tenable pour le maillon abattage », poursuivait le président.
Reprenant sa casquette de responsable amont chez LDC, il s’est alors formellement engagé à ce que son groupe applique, le 1er janvier prochain, une révision des contrats des éleveurs si la distribution refuse de monter son prix d’achat, suivant ainsi le choix de Gastronome.
Malheureusement, même une remise en ligne des prix à la consommation ne suffira pas à redonner toute sa compétitivité à la filière avicole nationale. « En moins de dix ans, la filière française est passée d’une position de leader à celle de suiveur », a rappelé Christian Renault, associé ét gérant du bureau d’études AND International. De l’expertise en nutrition à une dynamique de rénovation des bâtiments en cours, elle dispose d’un grand nombre de forces au niveau de chacun de ses maillons qui rendent l’hypothèse d’une reconquête de 30 000 t de découpes de poulet envisageable.

Des décisions à prendre dans les six mois

 « Mais, dans toute analyse stratégique, le facteur temps est souvent négligé : son redressement pour 2015 dépend des décisions qui vont être prises dans les six mois à venir », affirme le spécialiste. Déficit d’information entre maillons de la filière voire absence d’un raisonnement de filière, matières premières interdites (aujourd’hui graisses animales et OGM, demain protéines animales transformées), blocages administratifs ou d’image pour de nouveaux élevages, dilution de l’information sur l’origine… autant de faiblesses clairement identifiées dont la somme fait désormais jouer la France dans le clan des seconds couteaux. Ce ne sont pas les labels ou le bio qui suffiront à reprendre la main dans les rayons et sur les tables des restaurants où voisinent les poulets standard et leurs découpes étrangères.

Un scénario pessimiste est possible

Les restitutions, elles, s’avèrent indispensables à l’équilibre même de la filière pour saturer certains de ses outils tout en assurant un dégagement complémentaire, donc un facteur d’adaptation, de volumes en élevage.
En contrepoint du scénario optimiste, Christian Renault envisage toutefois un scénario pessimiste possible. « Chaque rupture entérine et accélère la dégradation », commente-t-il. Pour éviter la déprise comme l’a connue la filière ovine, l’expert interpelle les professionnels : « Vous pouvez proposer un projet qui donne du travail aux jeunes en installant des éleveurs, qui rapporte des taxes, qui contribue au commerce extérieur et tout cela sans demander d’argent public ».

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