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Colza : un marché physique étroit

La production européenne de colza en 2011 s’annonce maigre, d’après les dernières estimations privées. Une faible récolte qui nécessiterait pour les triturateurs de recourir à l’importation. Dans ces conditions, l’orientation ferme des prix reste de règle.
Les chutes de pluie survenues ces derniers jours ont été insuffisantes pour rassurer les producteurs de colza tout comme les opérateurs et les utilisateurs. La production européenne, selon les dernières estimations privées, serait inférieure à 19 millions de tonnes et les triturateurs craignent de ne pouvoir trouver sur le marché local de quoi faire tourner à plein leurs usines. Il leur faudra recourir encore plus à l’importation en provenance des pays tiers. Dans ces conditions, l’orientation ferme des prix reste de règle et si le colza a enregistré quelques légers tassements en ce début de semaine, c’est à mettre au compte de la spirale baissière créée par le blé après l’annonce du retour des exportateurs russes sur le marché international dès l’ouverture de la nouvelle campagne.
Le marché physique du colza reste étroit, les vendeurs, déjà avancés dans leurs engagements pouvant attendre sans gros risques, la suite des évènements. Le marché directeur que constitue celui du soja à Chicago, ayant été fermé le 30 mai à l’occasion du Memorial Day, on manque encore, à l’heure où nous mettons sous presse, d’éléments d’appréciation sur l’influence de la place américaine sur la tendance du marché à terme européen dans les prochains jours.

Plus d’incorporations de graines dans l’alimentation animale

Sur le marché des oléagineux, des informations ont en revanche été fournies la semaine dernière sur leur utilisation dans l’alimentation animale. Le Snia, organisation qui représente les industriels privés dans le secteur de la nutrition animale, tenait son assemblée générale vendredi 27 mai à Paris, l’occasion de dresser le bilan d’un exercice 2010 qui a enregistré une modeste croissance de 1 % par rapport à 2009, avec 21 444 000 t, mais qui rompt avec la tendance baissière subie depuis le début des années 2000. Avec ce tonnage, les fabrications françaises conservent de très peu la première place dans le classement européen, devant l’Allemagne et l’Espagne. Parmi les matières premières utilisées par les fabricants d’aliments du bétail, les céréales ont conservé bien sûr la première place, mais leur forte hausse de prix a entraîné des reports vers des produits de substitution. Notamment, les incorporations de graines oléoprotéagineuses ont progressé sensiblement entre 2009 et 2010, passant de 303 000 à 440 000 tonnes, pour représenter ainsi quelque 2 % des matières premières utilisées par les Fab. Cette augmentation s’explique surtout par les incorporations de pois fourragers, qui avaient considérablement baissé ces dernières années et qui retrouvent le niveau de 2007, en passant de 89 000 t à 210 000 t. Les incorporations de féveroles ont progressé de 25 000 à 30 000 t.
Il faut voir dans cette reprise des incorporations de pois le résultat de la politique du plan de relance des cultures de protéagineux.

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